
Observateur de l'absurdité contemporaine, David Foster Wallace était de ces auteurs dont le regard révéle sans pitié la paranoïa, la manipulation et la dépendance avec lesquelles nous décidons de vivre ou de cohabiter. Sa disparition tragique, après seulement deux volumes traduit en France au Diable Vauvert, est l'occasion de faire le point sur le talent de celui qui restera l'un des plus étonnants outsiders des lettres américaines.
On connaissait peu David Foster Wallace. On sait qu'il est né en 1962 à Ithaca, dans l'état de New York, qu'il était professeur d'anglais et donnait des cours de Creative Writing au Pomona College, dans l'Illinois, et qu'il était vénéré comme un dieu par ses contemporains. Plus précisément il comptait - et compte encore, c'est certain - de nombreux fans acharnés de par le monde, même si sa prose est reconnue comme l'une des plus difficiles. Emule de Thomas Pynchon, Wallace était un peu fou, c'est certain. Le bonhomme n'aimait rien mieux que mettre en relief la perversité sous-jacente de nos relations aux autres. Il excellait dans la dénonciation des travers de la culture américaine. Autant dire que la décision de traduire un certain nombre de ses écrits relève du challenge et on ne peut que féliciter le Diable Vauvert, le seul éditeur français à avoir oser acheter ses droits, pour son initiative.
C'est donc en deux volumes de presque 600 pages, que les premiers symptômes sont apparus dans notre pays. tout d'abord, un recueil de nouvelles auscultant les moeurs de ses contemporains, et , réunissant sept articles et essais sur des sujets aussi variés que "balistique et tennis par grand vent", les croisières de luxe, le roman post-moderne et la télévision, ou un tournage de David Lynch. Reste à traduire de nombreux textes et surtout son mythique Infinite Jest, un roman fleuve de plus de 1000 pages au format unique, ou encore Consider the Lobster, autre recueil d'articles acides sur nos contemporains.
David Foster Wallace est mort vendredi à l'âge de 46 ans. Il a été retrouvé par sa femme, pendu dans sa maison de Claremont en Californie.
Par Maxence Grugier Follow @MaxenceGrugier
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