
70 pages, des études, des hypothèses, des inquiétudes. Le rapport sur le livre numérique sur lequel travaille Bruno Patino (directeur du Monde interactif et de Télérama) depuis le mois de février, a été remis ce week-end à la ministre de la culture. Son contenu devrait être dévoilé aujourd'hui, dans le cadre de l'installation du tout nouveau Conseil du livre.Voilà un moment déjà que les professionnels du livres (éditeurs, écrivains, libraires) sentent souffler sur eux les forces des nouvelles technologies. On sait l'équation absolue livre=papier depuis longtemps dépassée. Partout où il y a un écran (ordinateurs, téléphones portables, e-book, consoles de jeux...) il peut désormais y avoir du texte. Une redéfinition qui fait évidemment naître des interrogations chez les premiers concernés. Qu'en sera-t-il concurrence, du piratage, de la commercialisation ?

Plutôt que d'y répondre, le rapport de Bruno Patino laisse plutôt entendre que le débat le plus urgent n'est peut-être pas celui que l'on imagine. Par exemple, toutes les questions liées à l'arrivée de l'e-book (voir le dossier e-book) ne se posent pas dans l'immédiat, puisque celui-ci ne s'est pas encore vraiment forgé sa place sur le marché. En fait, plus que le problème du support et du format, c'est celui du respect du droit d'auteur sur Internet qui mérite la plus grande attention.
Dans cette perspective, les premiers ennemis des professionnels du livre seraient en fait les fournisseur d'accès et moteurs de recherche. Le rapport souligne les points suivants ;- il faut rééquilibrer les forces entre fournisseurs d'accès et détenteurs de droit (éditeurs, auteurs), notamment, en s'appuyant scrupuleusement sur le code de la propriété littéraire.- Il faut permettre au détenteurs de droits de maîtriser le prix de leur fichier numérique. L'adaptation de la loi Lang au numérique risquerait en effet de fragiliser le principe du prix unique.
Plus généralement, c'est une plus grande visibilité et un contrôle de la numérisation des contenus sous droits qui devraient permettre à tous les acteurs du monde du livre de bien vivre ce bouleversement, et de pas trop y perdre. C'est à cela que doit travailler désormais le Conseil du Livre, mis en place aujourd'hui par Christine Albanel. L'autre grande mission de ce groupe consiste à consolider la loi Lang.
Par Céline Ngi Follow @Fluctuat_livres