
On vous annonçait une rentrée littéraire bien trash, on ne s'attendait pas à un tel crash. Les gros vendeurs, chouchous des médias, ont déçu les attentes démesurées de leurs éditeurs qui avaient misé gros sur eux.
Ils bénéficient de plans com' en or massif , leurs avances sont vertigineuses mais ils font un bide. Enfin, le public se rebelle et ne suit plus benoîtement les instructions d'une poignée de critiques et de plans marketing imaginés les grandes maisons d'édition : les "stars" de la rentrée que sont les Catherine Millet, Christine Angot et le duo comique Bernard-Henri Lévy-Michel Houellebecq ont été simplement boudés (punis ?) par les lecteurs et les prix littéraires, qui préfèrent encore récompenser les modestes ventes d'un inconnu.
Petit palmarès de la lose.
La grosse déception
Catherine Millet qui avait vendu plus de deux millions et demi de a touché l'avance rondelette de 500 000 euros de la part de Flammarion pour son . La maison d'édition devait sentir venir le grop coup éditorial avec le roman de Millet. Or Jour de souffrance, sorti fin août à 120 000 exemplaires, n'atteint pas les 30 000 exemplaires vendus ! Sans doute la sulfureuse libertine a-t-elle lassé avec ce nouveau rôle d'épouse banalement jalouse ?
La grande humiliation
Christine Angot, elle, a tenté le chemin inverse avec son . L'auteure de , autre carton en librairie, a tenté de passer par le porno en racontant sa "torride" liaison avec Doc Gynéco, et leurs passionnantes joutes réthoriques sur les bienfaits de la sodomie. Un plan com' en béton armé assurant l'omniprésence médiatique de l'auteure, et le petit plus "people" Doc Gynéco n'y ont rien fait : Le marché des amants dépasse péniblement les 15 000 ventes depuis sa sortie à la fin de l'été. Coup dur pour le Seuil qui a tout de même déboursé 250 000 euros d'à valoir lors du transfert d'Angot depuis Flammarion. Un bien belle prise, en effet. Le coup de grâce a été donné par Doc Gynéco lui-même qui a avoué ne pas avoir aimé le livre, trop impudique pour lui.
Les mal-aimés, pour de vrai
On s'est beaucoup moqué de la posture de Caliméro du duo Bernard-Henri Lévy-Houellebecq qui se disent victimes de l'opinion médiatique alors qu'ils bénéficient d'une couverture systématique quand sort la moindre liste de courses signée de leur auguste main. Or, il semblerait qu'effectivement, les Français sont au minimum indifférents à l'essai du couple maudit. S'ils ont touché 300 000 euros d'avance chacun, ils n'ont vendu que 34 000 de leur , tiré à 150 000 exemplaires et pourtant extrêmement survendu en amont dans les médias avec ce ridicule mystère sur l'identité des auteurs. Et même l'exilé fiscal Houellebecq a fait l'effort de venir montrer sa chemise de bûcheron et sa parka pour soutenir ce qui s'apparente à un accident industriel face à Soeur Emmanuelle et ses 867 000 vendues.
Reste à savoir si l'industrie a la mémoire des chiffres et si les prochaines productions de ces stars déchues vont bénéficier des mêmes conditions de lancement.