Les nouveaux visages de la littérature en langue espagnole Littérature sans limite

24/04/2012 - 18h29
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La littérature de langue espagnole, et en particulier latino-américaine, explose depuis quelques années. De Barcelone à Bogota, une nouvelle génération d’écrivains anime un paysage littéraire jusqu’alors principalement partagé entre la France et les Etats-Unis. Jeunes, subversifs, cultivés et rock’n’roll, ces nouveaux visages forcent le respect et font des émules dans le monde entier. Revue d’effectif.

Avec dans le viseur les œuvres des Argentins Jorge Luis Borges et Julio Cortázar, le Mexicain Paco Ignacio Taibo II, le Colombien Gabriel García Márquez et aujourd’hui Roberto Bolaño, en martyr de la cause, les représentants de la nouvelle génération d’écrivains sud-américains et espagnols (les fameux Mutantes et désormais la generacion Nocilla – ou Afterpop) ont fort à faire pour se hisser au niveau de leurs imposants ainés. Héritiers d’un patrimoine onirique plus que riche qui s’étend du fameux Cent ans de solitude à La Bibliothèque de Babel, mais dans les faisceaux duquel on trouve aussi des œuvres de langue anglaise qui auront un impact considérable sur ces auteurs (Au dessous du volcan de Malcom Lowry, tout Kafka, James Joyce, Thomas Pynchon, William Burroughs, Philip K. Dick ou Encore plus près de nous David Foster Wallace ou Chuck Palahniuk).

Rodrigo Fresán, Juan Fransisco Ferré, Santiago Gamboa, Eloy Fernandez Porta, Robert Juan-Cantavella (ainsi qu'Agustín Fernández Mallo, Jorge Carrión et Javier Calvo, non encore traduits en France) édifient quotidiennement une œuvre originale et percutante, qui se frotte aux idées les plus neuves (émergence de l'écriture web, nouvelles machines d’écritures, techniques narratives inspirées par les nouvelles technologies de l’information, création et occupation d'un nouvel espace narratif, union des sciences et de la littérature) s’inspirant de l’héritage des écrivains post-modernes, questionnent, étonnent et emballent toutes les générations. Bref, la nouvelle littérature de langue espagnole aujourd’hui, est indéniablement celle que vous devez lire !


Roberto Bolaño (Chili) : Le parrain

Ecrivain à l’origine d’une œuvre totale et inclassable, Roberto Bolaño peut facilement faire figure de parrain au sein de la nouvelle génération d’auteurs hispanophones actuelle. De ce point de vue sa disparition, il y a près de dix ans maintenant, le place dans la situation de père fondateur respecté et honoré de tous, contemporains comme cadets.

Mort des suites d’une longue maladie en 2003, l’écrivain commence sa carrière relativement tard. Bolano nait en 1953 à Santiago du Chili dans une famille de la classe moyenne. En 1968, il migre à Mexico mais revient dans son pays peu après le coup d’état de Pinochet. Il y est arrêté et fait de la prison. Dans les années 70 il co-fonde le mouvement poétique infra-réalisme. Au Salvador, il s’engage aux côtés des guérilleros du Front Farabundo Martí de Libération Nationale. De retour à Mexico, il mène une vie de bohème et gagne son statut d'enfant terrible de la littérature. A la fin des années 70 il s’installe définitivement en Espagne.

Poète à l’origine, il se fera finalement connaitre par ses romans mondes et ses nouvelles. Incarné par son double fictionnel, Arturo Belano, le Chilien interroge la littérature, le lecteur, l’histoire de l’humanité, dans des romans complexes sur lesquels planent les fantômes de la Beat Generation, des stars de la pop music des 70’s et des tyrans du monde entier, avec un sens du détail, des embardés philosophiques et une culture hors du commun.

Œuvres majeures :

Les détectives sauvages (Christian Bourgois)

2666 (Christian Bourgois)

Le Troisième Reich (Christian Bourgois)


Rodrigo Fresán (Argentine) : le visionnaire

Traduit en France chez l’excellent éditeur Passage du Nord-Ouest ainsi qu’au Seuil, l’Argentin Rodrigo Fresán est de ses auteurs nourris de culture pop & de littérature anglo-saxonne de la dernière génération d’écrivain sud-américain.

Né en 1963 à Buenos Aires, Fresán travaille comme journaliste au sein de nombreux médias. Eclectique, il écrit sur des sujets aussi diverses que la musique, la littérature, le cinéma et même la gastronomie. Ami proche de Roberto Bolaño, il est à l’origine d’un œuvre abyssale (dans le sens de mise en abime continue observant notre monde et celui-même de la littérature) empruntant à divers genres, mais particulièrement marqué par la science-fiction. L’œuvre de Rodrigo Fresán se place dans la lignée des écrivains post-moderne et mérite peu l’appellation "roman".

Multiple, labyrinthique, kaléidoscopique, schizophrénique, elle évoquera aux amateurs de littérature américaine tant Thomas Pynchon ou William Gaddis, que Robert Coover, Philip K. Dick ou William S. Burroughs (pour sa technique d’emprunt, de "sampling" littéraire). Sa prose précise et folle marque les esprits par son enthousiasme et son ampleur, ses thèmes surtout, emprunts de culture urbaine, de science-fiction, de philosophie et de prospective, passionnent et étonnent constamment. Il est certainement le plus audacieux des écrivains de langue espagnole actuel.

Œuvres majeures :

Mantra (Passage du Nord-Ouest)

La Vitesse des choses (Passage du Nord-Ouest)

Le fond du ciel (Le Seuil)


Guillermo Fadanelli (Mexique) : L’existentialiste

Par sa prose rigoureuse et précise contrebalancée par l’aspect hors-normes de ses inspirations et une certaine "punk-attitude", son pessimisme, son exposition de caractères désenchantés et sauvages, sa culture tout azimut, son amour du Mexique et surtout de  sa ville, Mexico, Guillermo Fadanelli pourrait être le digne successeur de Roberto Bolaño. Si les inspirations littéraires sont proches, l’univers générationnel également, le mexicain diffère cependant du Chilien dans son approche sociale, presque anthropologique.

Nouvelliste et vidéaste, Guillermo Fadanelli co-fonde le fanzine underground Moho en 1989. En 1995, il crée les éditions du même nom et publie les principaux noms de la nouvelle littérature Mexicaine. Journaliste et essayiste, il écrit également des articles dans les principaux journaux et revues de son pays. Intimistes et emprunt de culture et de philosophie classique autant que de contre culture, ses romans explorent le genre et les limites du roman social, du roman de mœurs, du récit policier et du roman noir, tout en Plongeant dans notre modernité avec ce qu’il nomme un "réalisme sale" et un humour débraillé.

Considéré comme l'un des écrivains mexicains les plus prometteurs de sa génération, Fadanelli a été finaliste du prestigieux prix Rómulo Gallegos en 2003 pour son roman Lodo (Boue).

Œuvres majeures :

Eduquer les taupes (Christian Bourgois)

L'autre visage de Rock Hudson (Christian Bourgois)

Boue (Christian Bourgois)


Santiago Gamboa (Colombie) : Le gourou trash

Né à Bogota en 1965, Santiago Gamboa est en passe de s’imposer comme un auteur majeur de la littérature sud-américaine dans un pays encore largement sous-exposé en la matière. Sa prose brute et ses thèmes trash (pornographie, secte, drogue, rock ‘n’ roll et bien sûr littérature) évoqueront aux amateurs de littérature US un outsider comme Chuck Palanhiuk ou plus loin, Hubert Selby Jr.

Aussi peu impressionnant physiquement, avec sa bonne bouille d’universitaire, que peuvent l’être les personnages marqués par la vie de ses romans (souvent très typés physiquement : tatoués, crane rasé, sur-sexué ou extrêmement musclés), Gamboa pourrait pourtant correspondre à un cliché d’écrivain trash (dans le genre d’Harry Crews à qui il est parfois comparé). Ses romans n’en sont pas moins emprunts d’une grande humanité et d’une empathie certaine pour les exclus, les marginaux et les rebuts de la société. A l’origine d’une littérature mondiale, Gamboa est un grand voyageur et connait bien le milieu des exclus de notre société (apatrides, immigrés clandestins, sans domiciles fixes).

Paradoxalement le parcours de cet auteur atypique est des plus classiques : après avoir étudié la littérature à l'Université nationale de Colombie, il s’initie à la philologie hispanique à l'Université de Madrid. Actuellement journaliste de langue espagnole au sein de la rédaction de Radio France internationale, il est également correspondant du quotidien El Tiempo et attaché culturel de l'ambassade de Colombie à l'Unesco.

Œuvres majeures :

Perdre est une question de méthode (Éditions Métailié)

Le Syndrome d'Ulysse (Éditions Métailié)

Nécropolis 1209 (Éditions Métailié)


Juan Francisco Ferré (Espagne) : Le cinéphile

En France, Juan Francisco Ferré vient de frapper un grand coup avec Providence, roman total et véritable manifeste de la nouvelle littérature espagnole. Investit de culture pop et cinématographique américaine, Providence oscille entre récit autobiographique, faux campus novel, roman fantastique, conte philosophique et radiographie sans concession de notre époque.

Ecrivain, critique littéraire, docteur en philologie hispanique et professeur-chercheur à l’Université de Brown le travail de Ferré se situe dans une veine expérimentale, que l’on pourra rapprocher des romans délirants de Thomas Pynchon, des écrits inclassables de feu David Foster Wallace, des inextricables cauchemars de Franz Kafka ou des observations crues du quotidien contemporain d’un Bret Easton Ellis. Encore peu ou pas traduit en France, Juan Francisco Ferré fait parti de la génération des Mutantes, singularisée par le recueil collectif Mutantes – Narrativa española de última generación publié par la maison d’édition Berenice, basée à Cordoue.  Participant majeur, il publie en 2009 le manifeste Le récit volé : Notes pour la définition d’une littérature mutante. Un texte dans lequel il pose les bases de ce que doit être la littérature et l’écrivain au 21ème siècle, à l’âge des réseaux, des vidéos games, de la pornographie normalisée, de la mondialisation et de la mystifications médiatiques principalement dispensée par Hollywood et ses fantasmes. Un long et passionnant texte révolutionnaire, qu’il dédie à un des monstres de la littérature post-moderne américaine, Robert Coover.

Œuvre majeure :

Providence (Passage du Nord-Ouest)


Eloy Fernandez Porta (Espagne) : Le penseur after-pop

A l’origine d’une petite révolution dans les lettres espagnoles (et les lettres tout court pour tout lecteur attentif) avec son essai Homo Sampler, le Barcelonais Eloy Fernandez Porta est à la pop culture ce que Guy Debord était à la théorie des mass-médias avec La Société du Spectacle (on pense aussi aux Mythologies de Roland Barthes évidemment).

Fin analyste, mais aussi grand écrivain, Eloy Fernandez Porta s’impose comme le théoricien qu’il faut lire. Avec Homo Sampler il propose de reconsidérer la culture contemporaine après l’accession au pouvoir de la pop. La pop en effet, a envahie tous les aspects de la culture, qu’elle soit "haute" ou populaire (surtout populaire évidemment) allant jusqu’à nier les différences qui existaient auparavant entre elles.  Mais la pop a-t-elle la légitimité pour le faire ? La consommation et l’usage des nouvelles technologies de l’information aujourd’hui étroitement lié à nos habitudes culturelles n’a-t-elle pas vidé la culture de son sens ? A l’ère de transformations continues dans laquelle nous vivons, il fallait bien un penseur pour s’interroger sur un monde où, comme il est dit en quatrième de couverture de ce brillant essai, les Simpson et Freud sont mis au même niveau (et où il est même indispensable de connaître le second pour saisir toutes les finesses des premiers).

Professeur de littérature à Barcelone, journaliste et essayiste, le moins que l’on puisse dire c’est que Porta, cultivé et drôle, aussi radical qu’irrévérencieux, est en phase avec son époque. Bien loin des thèses empoussiérées de la "French Theory", la philosophie selon Porta est ouverte, compréhensible, en dialogue constant avec le monde qui l’entoure et surtout attentive à ses mutations. Vous avez dit "Mutantes" ?

Œuvre majeur :

Homo Sampler (Inculte)

€®O$, la superproduction des affects


Manuel Vilas (Espagne) : Le chien fou

On Air, premier roman de Manuel Vilas enfin disponible en Français vient juste de paraître au Passage du Nord-Ouest et déjà nous nous étonnons une nouvelle fois de la folle liberté qu’affichent les lettres espagnoles aujourd’hui !

Chronique d’une chaine de télévision imaginaire branchée sur l’au-delà et le "Temps Sans Limites" (comprendre infini), On Air se compose d’interviews, de témoignages et de déclarations "récentes", d’épisodes de la vie post-mortem (ou censément inconnues) de célébrités décédées, du Che en passant pas Sergio Leone, Johnny Cash, Staline ou Jésus. Avec dans la ligne de mire les grands mythes de notre temps (inspirés par le cinéma Américain, la pop culture, le rock, les médias, etc.) On Air se présente comme une suite de textes comme autant de nouvelles formant le récit fracturé de notre post-modernité. En ce sens, l’œuvre de l’Espagnol s’inscrit tout à fait dans le cadre de la culture "after-pop" tel que théorisé par Eloy Fernandez Porta dans Homo Sampler.

Branché sur la ligne directe de l’obsession actuelle pour l’information "sans limite", le temps-réel (realtime) et les mass médias, Manuel Vilas en bon membre du collectif barcelonais Mutantes, en fait de "Temps sans Limite", nous offre un exercice ébouriffant et enthousiasmant de "Littérature sans Limite".

Œuvre majeure :

On Air (Passage du Nord-Ouest)


Robert Juan-Cantavella (Espagne) : Le mythomane

Avec Proust Fiction, premier recueil de nouvelles ( ?) traduit en France au Cherche Midi, Robert Juan-Cantavella, démonte les origines et les mythes de la fiction occidentale dans un malstrom temporel et conceptuel qui remonte l’histoire la littérature à rebours. On y croise Proust bien sûr, ou l’œuvre  en tout cas, et aussi Albert Camus, Nabokov, Quentin Tarantino, Thomas Pynchon, un pastiche du Las Vegas Parano d’Hunter S. Thompson et beaucoup d’autres folies.

Totalement décomplexé, afterpop en diable, l’œuvre de Juan-Cantavella signe la mort de la fiction telle qu’on l’envisageait depuis toujours. Audacieux, ce jeune espagnole de 36 ans, écrivain et traducteur (on lui doit les œuvre de Mathias Enard en espagnol), déjà auteur de trois romans non encore traduits en France, ose là où même les pontes de la littérature post-moderne US et ses monstres (Robert Coover, William Gaddis, Donald Barthelme, John Barth, William Gass) n’ont jamais essayé de s’aventurer.

Imposant le plagiat, l’humour et le détournement (en un mot, issant vaillamment la littérature à l’âge du sampling et du remix) en tant que pratique indispensable de l’écrivain du 21ième siècle, Robert Juan-Cantavella vivifie les lettres espagnoles, et les autres pendant qu’il y est. Un futur grand, déjà incontournable !

Œuvre majeure :

Proust Fiction (Le Cherche Midi)


Enrique Vila-Matas (Espagne) : L’éternel chercheur

Enrique Vila-Matas est l’ainé de la génération des écrivains espagnols s’inscrivant dans la recherche et la directe filiation post-moderne. Né dans la capitale Catalane en 1948, il fuit l’Espagne Franquisque dans les années 70 et vit une existence bohème à Paris. A la croisée des chemins littéraire et des générations, Vila-Matas fait figure de pionnier Ibérique en matière de recherche de nouvelles structures, de nouvelles formes d’expression.

Eternelle mise en abîme, l’œuvre de Vila-Matas est une quête sans fin autour de l’acte d’écrire, de lire et de produire de la littérature. Comme une incitation à creuser l’histoire littéraire, le travail de Vila-Matas explore également le processus d’emprunt. Dans sa recherche d’une littérature qui "parle de littérature", et de toutes les littératures, l’espagnol s’inspirera de nombreuses fois de personnages existants comme le Bartleby de l’écrivain Irlandais James Joyce, par exemple. Ça n’est pas pour rien non plus, qu’un de ses romans se nomme "Imposture". Dans son œuvre en effet, planent les ombres et les influences, voir des échos et des emprunts, d’autres grands écrivains ou de personnalités connu de l’avant-garde, qu’elle soit littéraire ou artistique (de Franz Kafka à Blaise Cendrars, en passant par Witold Gombrowicz, Samuel Beckett, Fernando Pessoa, Malcom Lowry, Salvador Dali ou Marcel Duchamp).

Protéiforme et extrêmement riche, ni autobiographique, ni totalement fictionnel, toujours sur la brèche de l’innovation, l’univers de ce grand ami de Roberto Bolaño - avec qui il partage bien des obsessions et des points communs – s’avère d’une modernité sidérante et ne demande qu’à être mieux connu.

Œuvres majeures :

Abrégé d’histoire de la littérature portative (Christian Bourgois)

Loin de Veracruz (Christian Bourgois)

Bartleby et compagnie


Sergio Gonzalez Rodriguez (Mexique) : Le baroudeur engagé

Pour parler de l’œuvre au noir du Mexicain Sergio Gonzales Rodriguez, il faut aborder une nouvelle fois l’importance et la filiation de Roberto Bolaño, le parrain malheureusement trop tôt disparu (en 2005) de la nouvelle génération d’écrivains de langue espagnole. C’est en effet sous l’inspiration du rapport que fait Sergio Gonzales Rodrigues des évènements horribles de Ciudad Juárez au Mexique (une ville de la frontière qui vit – et voit encore – la disparition de près de millier de femmes Mexicaines, et leur réapparition – parfois – dans le désert, assassinées, mutilées et violées, et ce depuis 1995 !) dans son livre Des os dans le désert, que Bolaño écrira la principale partie de son roman posthume le plus célèbre, 2066 (Rodriguez y apparaît d’ailleurs en tant que personnage), roman monstre et gouffre littéraire de plus de 1300 pages dans lequel le lecteur s’enfonce comme d’autre, définitivement, dans le désert de Sonora.

Dans la même lignée, on trouvera L'homme sans tête, une autre facette de la folie mexicaine, décrivant de manière crue et réaliste, la guerre totale qui oppose la police aux narcotrafiquants de la frontière Américano-mexicaine. C’est donc entre journalisme, enquête et fiction que Sergio Gonzalez Rodriguez construit son investigation littéraire hors-normes. Le mexicain explorant les faits et la réalité tangible comme d’autres fouilles avidement leurs rêves ou leur imagination. A part dans le paysage très intellectuel de la nouvelle littérature de langue espagnole, si l’œuvre de Sergio Gonzalez Rodriguez n’est donc pas à proprement parlé totalement « littéraire », elle à ça d’exceptionnelle qu’elle propose une lecture politique de la littérature contemporaine.

Œuvres majeures :

Des os dans le désert (Passage du Nord-Ouest)

L'homme sans tête (Passage du Nord-Ouest)


Junot Diaz (USA/ République dominicaine) : La relève

A part dans le paysage des lettres latino-américaines, Junot Diaz a bouleversé la critique avec son roman épique et picaresque, La Brève et Merveilleuse Vie d'Oscar Wao lauréat du National Book Critics Circle Award et du Prix Pulitzer (dans la catégorie Fiction).

Plus américain que sud-américain (il vit dans le new jersey depuis l'âge de six ans), l’expérience de Diaz est tout de même marqué par l’exile et le destin des immigrés. L’histoire de son pays, chaotique, violente et politiquement pour le moins ambiguë, surtout au vue de la place qu’y tiennent les Etats-Unis justement, est la base de l’inspiration de ce jeune écrivain de 44 ans. Par ailleurs, sa prose et son ambition littéraire se situe au-delà de celle des nouveaux visages de la littérature de langue espagnole évoqués dans ce dossier.

Plus classique que ces collègues sud-américains, Diaz se dresse entre le réalisme journalistique historique d’un Sergio Gonzalez Rodriguez et le lyrisme coloré, cultivé et enthousiaste d’un Thomas Pynchon. Sans concession, teinté de pop culture, très sexuée, l’œuvre de Diaz reste a faire – et à découvrir - et c’est peu dire que nous attendons beaucoup de ce écrivain sud-américain.

Œuvres majeures :

Los boys (10/18)

La Brève et Merveilleuse Vie d'Oscar Wao (Plon)

Par Maxence Grugier
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