Les livres de la rentrée sont (aussi) des accessoires de mode

16/09/2009 - 10h29
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Le métro, lieu idéal pour s'inventer un personnage. Selon l'arrêt où vous montez et la marque de votre sac de courses, votre voisin d'en face s'imagine ce qu'il veut. Dans la panoplie du passager mystérieux, le livre tient une place essentielle. Selon le rôle que vous voulez jouer, et la ligne que vous empruntez, vous choisirez plutôt Marie NDiaye, (Collection Blanche de Gallimard, exigence et élégance), ou plutôt Joseph O Neill (L'Olivier, dénicheur de talents cosmopolites). Pour vous aider à harmoniser votre apparence, voici six exemples d'associations entre roman et look de rentrée.

 

 

 

Le look prof d'histoire. La rentrée fatigue aussi les profs, peut-être même plus que les élèves. Pour se remettre dans le bain du programme scolaire, le prof d'histoire choisira les revenus d'Algérie par Laurent Mauvignier (), dont il a lu la chronique dans Libé, ou l'itinéraire solitaire du résistant polonais , retracé par Yannick Haenel.

 

 

 

Le philosophe engagé. Même quand la rame de métro est au bord de l'implosion, l'engagé ne lâche pas son bouquin, car l'engagé estime qu'à l'heure de Facebook et de la mondialisation, le livre est notre dernier refuge, notre dernier sursaut d'humanité. Il appréciera l'essai fleuve de William Vollmann, . Son équivalent féminin préférera peut-être , bio fantasmée de Valerie Solanas, auteure du SCUM manifesto, par Sara Stridsberg.

 

 

 

La féministe. Elle s'identifiera facilement aux femmes de Marie NDiaye. La semaine suivante, au club de lecture, elle échangera contre , de Véronique Ovaldé.

 

 

 

L'étudiant à Sciences Po. Pour être étiqueté tout de suite "mec / fille qui connaît l'Amérique d'aujourd'hui", rien de tel que du Joseph O Neill (), ou , de Charles Bock. Pour compléter la panoplie, prévoir le badge Obama, abîmé, épinglé sur le sac bandoulière, décoloré.Le physicien. Après avoir englouti tout james graham ballard, le rat de laboratoire va adorer son autobiographie, Miracles of life, à paraître en français d'ici la fin de l'année. Côté roman, il lira le récit barré de David Foster Wallace (). Il rangera bien sûr ces deux livres dans sa sacoche « 14e Congrès International du micro atome bio nucléaire ».

 

 

 

La lycéenne amoureuse. Les baisers sur le sable et les coeurs brisés en septembre ne sont pas une invention de la mauvaise teen literature. A l'automne, le métro recueille de sincères âmes déchirées. Pour les consoler, le décadent de Sacha Sperling fera l'affaire. Si la lycéenne amoureuse a laissé sa moitié sur une plage espagnole, , de Carlos Ruiz Zafon, lui portera le coup fatal. Comme marque-page, elle n'oubliera pas la photo prise le dernier soir, au bout de la jetée.

 

 

 

L'érudit : Il achètera , de Brice Matthieussent, parce qu'il se souvient que Brice Matthieussent a traduit des grands noms de la littérature anglo-saxonne, ce qui est déjà un signe de haute voltige intellectuelle. Puis, il choisira le roman russe de Thierry Hesse, . Parce que l'érudit n'a pas peur des pavés, et l'érudit s'en fout de ce que pense de lui son voisin d'en face.

 

Par Madeleine
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