Les Bienveillantes de Jonathan Littell : coup marketing et alors ?

05/10/2006 - 12h37
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Les Bienveillantes de Jonathan Littell : coup marketing et alors ?
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

Gallimard dépassé par les ventes d'un livre qui n'aurait été tiré au départ qu'à 8000 exemplaires, la nécessité d'utiliser le papier prévu pour Harry Potter (subliminal : bienveillantes=Potter=vous devez l'avoir lu) pour réimprimer les Bienveillantes (de Jonathan Littell) carton absolu déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires.....l'éditeur lance à l'occasion des infos anecdotiques mais savoureuses, manière de marteler le discours du succès auquel vous ne pouvez échapper. Et alors ?En face les adversaires du marketing littéraire poussent des cris d'orfraie, sur le mode c'est un pur  coup monté, Gallimard prépare son affaire depuis un an. Et alors ? L'auteur a  d'ailleurs bénéficié du plus gros a-valoir pour un premier roman. Il y a quelques années, l'auteur anglais Zadie Smith avait aussi obtenu un a-valoir invraisemblable et les droits de  traduction de son premier roman s'était arraché à la foire du livre de Francfort alors qu'une centaine  de pages seulement circulait. Enorme buzz bien avant la sortie d'un livre que personne n'avait lu.Et alors ? Sourire de loup est un putain de bon roman ! Des éditeurs ont orchestré un gros buzz media autour d'un livre incroyablement intelligent et généreux, qui donne à réfléchir et à s'émouvoir -faut-il les en blâmer ?  Le bouquin est bon ou pas ?

Les Bienveillantes est un livre porté par une ambition qui lui confère déjà quelque intérêt : décrire l'horreur du point de vue des bourreaux, mêler érudition historique et capacité à fictionner autour de ce qu'on considère comme un territoire presque interdit à la fiction et donc affronter l'histoire ave un grand "H" , ce qui n'est pas si fréquent dans la littérature d'ici.Qu'aujourd'hui des pisse-froids viennent expliquer que le texte de Littell a nécessité quatre mois de relecture alors que c'est le cas de la majorité des manuscrits, même chez les auteurs en vue, dont certains sont dyslexiques et font des fautes d'enfants de CP ( tout le monde le sait dans la petite  République des Lettres) est la dernière des escroqueries intellectuelles.Ca peut paraître bizarre de défendre un livre contre ses détracteurs alors que c'est un best-seller, soutenu par une partie de la critique et qu'il se démmerde très bien tout seul : mais justement les Bienveillantes caracolent en tête des ventes et, pour une fois, on peut saluer l'engouement du public pour un livre plutôt âpre -; et même chiant parfois, ce qui est aussi le cas de certains passages de fedor Dostoievski.Ce n'est pas le marketing qui fait vendre Jonathan Littell, sinon la sauce aurait pris pour Angot dont la surface médiatique est aussi large pour un résultat moins grand. On a parlé beaucoup de Littel après que le succès a démarré. Ce ne sont pas trois chroniques dans la presse intello qui ont lancé le marché mais plus vraisemblablement un bon bouche à oreille entretenu par les libraires. Le marketing comme souvent, servira surtout à conserver cette position acquise.

MAJ : Lire aussi le forum les Bienveillantes.

Par Daniel De Almeida

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