Les 5 livres qui m'ont le plus emmerd* en 2011

26/12/2011 - 11h32
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Les 5 livres qui m'ont le plus emmerd* en 2011

 

Après le top des meilleurs, voici venu le temps du palmarès très subjectif et personnel des livres que j'ai eus entre les mains et qui m'ont le plus ennuyés cette année. Pourquoi les lire dans ce cas, me direz-vous, si'ls ne vous tentaient pas ? Pourquoi afficher gratuitement un tel désamour alors qu'ici même (certains ont reçu des prix prestigieux) ils étaient loués et chaudement recommandés ? Le rôle du critique n'est-il pas de faire partager ses coups de coeur plutôt que de distribuer des mauvais points ? Tout cela est très vrai mais cela n'empêche pas de s'amuser et de dire du mal, en toute subjectivité et sans prétention, ce qui n'enlève évidemment rien (vue notre position rikiki dans le monde des lettres et monde tout court) au talent des écrivains primés et aux qualités que des lecteurs plus sensibles ou plus pointus ont pu leur trouver tout au long de l'année. Il va de soi que n'ayant lu QUE ces mauvais livres, on a sans doute dû en manquer plusieurs centaines qui étaient probablement plus ennuyeux et beaucoup moins bien écrits. C'est, d'une certaine façon, un privilège de roi que d'être critiqué, même en mal.

 

de Delphine de Vigan

 

Oh bon sang, à force d'en entendre parler en bien, je me suis finalement résolu deux mois après les éloges unanimes à lire Delphine de Vigan. J'avais déjà failli mourir une première fois à la lecture de et m'étais promis alors de ne pas m'y remettre. A tout prendre, j'avoue préférer clairement le réalisme sentimental d'Olivier Adam au style de Delphine de Vigan. Il y a quelque chose qui me gêne mais que j'ai du mal à identifier. Chez Adam, les phrases courtes et dérythmées. Chez Vigan, la couleur de l'adjectif et le côté tortueux des propositions relatives peut-être ? Mais l'essentiel n'est pas là, ce qui m'a gonflé par dessus tout, c'est évidemment la tête du livre. Je me fous comme de l'an quarante (voire même un peu moins) de ce qui est raconté. Je n'aime pas trop les histoires de familles et encore moins quand elles sont vraies. La complexité des gens normaux ne me parle pas et le côté témoignage à coeur ouvert me fait frémir. En clair, ce livre n'était pas pour moi et moi pas pour lui. A mon avis, la photo de la mère De Vigan en couverture a suffi à elle seule à assurer le succès du livre : c'est une photo qui accolée au titre de [people_restrictif_restrictif=alain bashung]Bashung[/people_restrictif] donne le sentiment que ce livre a quelque chose de spécial. Je comprends évidemment tout à fait ce qu'on peut y trouver mais cela ne fonctionne pas. Je suis tout de même allé au bout pour ne faire le travail à moitié mais dans la souffrance et la fatigue.

 

d'Alexis Jenni

 

Ce livre a peut-être fait les frais après tout de mes nouvelles conditions de lecture. Pour m'amuser, j'ai commencé à lire le Goncourt 2011 en retard et sur mon kindle. C'est le premier gros livre que j'ai lu de cette manière et je ne peux pas exclure que cela ait eu une influence sur mon appréciation. Toujours est-il que, comme je le pressentais, je me suis ennuyé à crever, au point d'abandonner au bout de 300 pages. Le projet romanesque de Jenni est louable, bien foutu, ambitieux. La construction de cette moitié de roman tient la route et convoque une érudition et une maîtrise qui sont plutôt rares, pour un premier roman comme pour les autres. Mais la phrase de Jenni m'a perdu. Personne n'en a fait la remarque mais je la trouve laborieuse. Une phrase de prof, si j'osais la critique gratuite, trop construite, trop mécanique, qui oscille entre le cours et la composition d'un élève de Terminale (avec un Bac+6 en poche), ce genre de types qui en ont plein la tête mais qui n'arrivent pas à exprimer simplement et sans en faire trop (l'ampoule, l'emphase, les digressions) ce qu'ils ont à dire. Et puis comme la guerre m'emmerde et que je préfère à l'histoire de France de cette période n'importe quelle fiction romanesque, je suis encore une fois passé à côté du livre. C'est moche pour moi mais je n'en tire aucune culpabilité.

 

Les Oeuvres Complètes de Marguerite Duras (tome 1)

 

Sans commentaires. Je ne sais pas comment j'ai eu celui-ci entre les mains mais il s'en est échappé très vite. Je ne peux pas souffrir Marguerite Duras. C'est autant une question d'image (je suis né en 1974 et l'on pouvait dans ma jeunesse se moquer de ce personnage de vieille femme savante) que de littérature. Je connais des tas de gens très bien qui aiment Marguerite Duras mais je n'arrive pas à en faire partie. Ces oeuvres complètes en deux tomes sont en revanche très bien mais pas pour moi. Je préfère Jack London.

 

 de Craig Thompson

 

J'avais bien aimé , malgré son contenu très moralement conservateur. Tout le monde a remarqué ça : il y a quelque chose dans la formation de Thompson qui fait que les bobos de gauche à qui l'on a dit que ces bandes dessinées étaient remarquables (et elles le sont) éprouvent de temps à autre dans le récit une petite gêne "idéologique" qui s'exprime surtout dans les relations des personnages et se répercutent sur le dessin : cette sorte de ligne vague qui parfois ne sait pas où flotter. J'attendais donc Habibi avec impatience pour mettre un nom sur ma gêne ou au contraire me convaincre que ce type avait non seulement du génie mais aussi du génie pour moi. Au final, et bien que j'ai une vraie passion pour les contes orientaux, je n'ai pas accroché du tout à l'univers qui est présenté ici. Je trouve que l'orientalisme de Thompson sonne toc. Les délires sensuels et les scènes un peu olé olé qui sont nombreuses dans le texte n'enlèvent pas chez Thompson un certain rigorisme moral qui, même lorsqu'il taquine l'érotisme, me coupe mes effets. Contrairement à Blankets qui fonctionnait bien en pétrissant les insouciances et la matière adolescente, Habibi brasse pour moi pas mal de vent. La linéarité du précédent récit avait quelque chose de beau et de morne qui correspondait aux personnages. Cette fois-ci, je ressens cela comme de la longueur.... et je m'ennuie. Mais j'avais sans doute des a priori.

 

Les Fautes de français que je ne ferai plus jamais de Julien Lepers

 

Facile de terminer en se payant Julien Lepers, évidemment, mais non, les a priori étaient plutôt favorables. J'aime bien Michael Keaton évidemment (et même dans Batman), je ne dis pas non à un petit Questions pour un Champion quand je n'ai rien de mieux à faire. Le personnage semblait exprimer des idées intéressantes sur la culture etc, ce que ne confirme pas tout à fait son livre qui se veut faussement joueur mais n'apprend rien d'utile. Ni témoignage, ni essai véritable (c'est pourtant ainsi qu'il est vendu), les Fautes de français que je ne ferai plus jamais m'évoque le livre sur l'école de Pennac il y a quelques années : ce n'est pas mal fait, assez intelligent, pas si mal écrit (Pennac surtout), mais cela n'exprime que des idées rebattues et ne stimule pas vraiment la pensée. Dans le cas de Lepers, l'homme a consigné dans des carnets au fil des années les fautes les plus courantes à éviter. Comme il fallait faire un livre, on démarre dans l'évidence et on termine dans la difficulté des dictées magiques. L'apport de l'auteur est mince, même si on n'est à peu près certain qu'il a dû en écrire une bonne partie seul. En tout cas, rien à en apprendre si on ne fait pas une faute à chaque mot. Ca nous aura au moins permis de réécouter ceci, véritable chef d'oeuvre de Julien Lepers ne l'oublions pas.

 

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