Le prix Wepler 2011 pour Eric Laurrent

14/11/2011 - 16h14
  • 0
Le prix Wepler 2011 pour Eric Laurrent
L'auteur
Ngi Céline
Céline Ngi
En savoir plus

 

Le jury du prix Wepler a choisi de récompenser cette année Eric Laurrent, pour son roman .

 

Auteur d'une dizaine de romans parus aux éditions de Minuit, Eric Laurrent évoque dans ce dernier livre l'éveil d'un jeune garçon aux mystères du corps féminin, "de la vue d'une reproduction des Sabines de David dans un vieux dictionnaire jusqu'à sa première nuit d'amour". Le style précieux du roman, doublé d'une dimension comique, avait plu à l'époque de sa sortie à Amélie Nothomb, qui en faisait un compte-rendu intitulé "Du bon usage du subjonctif" pour Le Monde :

 

"A la relecture, je me suis demandé, au-delà du comique évident, le pourquoi de cette préciosité et le pourquoi de toute préciosité. J'ai une faiblesse pour ce style qui fait grincer tant de dents. Je l'interprète de manière à la fois démocratique (ce n'est pas parce qu'on est issu d'un milieu modeste qu'on n'a pas le droit de s'exprimer comme cela) et aristocratique (il faut pouvoir s'autoriser une élégance aussi recherchée).La préciosité d'Eric Laurrent m'a d'autant plus réjouie qu'elle est parfaite. L'auteur français écrit « septante » et non « soixante-dix », prouvant ainsi le caractère érudit de la langue belge. On comprendra que cela m'enchante.L'emploi récurrent des subjonctifs imparfait et plus-que-parfait, ampoulés et facilement odieux sous d'autres plumes, coule de source chez Eric Laurrent. Sa manière ludique d'écrire précieux insuffle des émotions bizarres. C'est de la cuisson à l'azote liquide. Comme la cuisine moléculaire, ce n'est pas facile à manger, mais fascinant."

 

Elle cite plus loin un extrait représentatif :

 

"je m'abîmai de longues minutes dans sa contemplation, m'emplissant le regard de toute sa personne, comme si je me fusse trouvé devant un de ces chefs-d'oeuvre, de l'art ou de la nature, qu'on sait ne jamais plus avoir le loisir de revoir, c'est-à-dire avec la volonté fiévreuse et désespérée de m'imprégner le plus profondément possible de sa beauté, dans cette plénière et à la fois douloureuse adhésion à l'instant que donne la conscience de sa fugacité, mais qui seule est le gage de sa fixation en nous (...)."

 

Les Découvertes ont donc tout autant fasciné le jury du Wepler, qui attribue cette année une mention spéciale à François Dominique pour , aux éditions Verdier.

 

Photo d'Eric Laurrent © Jean-Luc Bertini / Opale

 

Par Céline Ngi

Vos commentaires

Toutes les rubriques
  • Cinéma
  • /
  • Société
  • /
  • Livres
  • /
  • Télé
  • /
  • Musique
  • /
  • Expos
  • /
  • Forum
articles les + lus
  • la télé qui vous veut du bien La feel good tv, la télé qui vous veut du bien
  • Ces choses à savoir avant un entretien d’embauche
  • BP : la faune marine mutante inquiète
  • Obiwan Kenobi arrêté par la police
  • Si Wes Anderson avait réalisé Battleship Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
  • Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse
  • rap gay Rap et homosexualité : le début du coming out ?