Le lien commercial et le don d'orgasmes sont l'avenir du livre....

06/03/2009 - 17h30
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Le lien commercial et le don d'orgasmes sont l'avenir du livre....

 

 

 

 

J'y reviens une seconde (et donc dernière) fois mais l'insertion de publicités ciblées, je ne sais trop comment, dans le corps de ce blog, souvent entre le billet et la zone de commentaires, n'en finit pas de me fasciner. J'ai beau me dire que ces messages ne me sont pas destinés et ne m'apporteront aucune satisfaction - je n'ai pas l'intention d'acheter quoi que ce soit par ce biais - chaque expérience (clic) m'amène à des découvertes qui me font, chaque fois, y revenir.

 

 

 

Sur l'échantillon d'aujourd'hui, trois liens publicitaires dont deux, au moins, valent franchement la peine. Le premier lien, je l'élimine, renvoie vers un site (sûrement très bon) de fournitures de bureau tout à fait convenable et traditionnel. Rien de bien marrant si l'on ne dirige pas une armée de secrétaires ou une entreprise de 1000 personnes ou si on n'a pas l'occasion (comme beaucoup) d'emprunter les 3 ou 4 crayons (pointe fine, noir, bleu, Pinball) dont on a besoin dans la réserve du boulot.

 

 

 

Deuxième lien : cette histoire de bureaux à louer à Montreuil. A priori la première question qui se pose est la suivante : que fout ce lien sur le blog livres ? Quel rapport avec le livre et surtout pourquoi l'automate si puissant et qui a l'air de connaître son affaire a-t-il trouvé bon et légitime de l'incruster ici ? Il faut toujours faire confiance à la machine. Bureaux de 15 à 350 m2. Que pourrait bien faire un visiteur du Blog Livres de 15 m2 à Montreuil , 278 rue de Rosny ? Entreposer des livres ? Les cacher en cas de saisie ? Monter un quotidien ou un magazine de littérature érotique ? Par les temps qui courent, ce serait un truc bizarre mais pourquoi pas, si on n'en a les moyens. Cette histoire de bureaux renvoie peut-être à une question plus importante qui est l'espace nécessaire au rangement de sa bibliothèque. On l'a déjà dit à maintes reprises, en attendant le tout numérique (retro satanas), entreposer ses livres chez soi est un calvaire.

 

 

 

L'automate suggère vraisemblablement aux lecteurs de déstocker et d'externaliser cet hébergement dans le secteur commercial et privé. On peut choisir pour 40 euros/ mois de louer un m3 de stockage dans une entreprise spécialisée ou considérer que nos livres méritent mieux. Alors qu'au XIXème siècle, les rentiers et les bourgeois avaient les moyens de s'offrir une garçonnière-bibliothèque pour s'isoler, lire et aimer en paix, on pourrait imaginer qu'un local de bureau serait plus accessible et autoriserait à un collectionneur contemporain à peu près le même usage. Soit.

 

 

 

La vraie pépite de sélection reste, malgré tout, le lien n°3 : i-editions.com, une maison d'édition qui a un projet ! Hé, oui, il faut le considérer avec attention car c'est un projet intéressant qui communique notamment sur l'idée d'un retour sur investissement... assuré. Est-ce à dire que si vous auto-éditez une immonde merde (c'est facile), i-editions.com est si fort qu'il vous garantit à peu près de rentrer dans vos sous ? Ca y ressemble. En vitrine - et là encore, ça vaut son pesant de cacahuètes littéraires, deux ouvrages qui semblent des must du genre, et capables de rapporter un maximum de blé :

 

 

 

1. Les vêtements d'Hiroshima : il fallait y penser et ils y ont pensé. « Je ressentais le besoin de photographier ces signes intimes du corps des victimes de Hiroshima, je voulais transmettre la souffrance dont ces tissus sont les témoins. Les vêtements des victimes de l'explosion me sont apparus à la manière de fossiles que l'on découvre enfouis, qui renferment les sensations de ce qui a été vécu dans la chair, la douleur, l'impuissance, la honte. » Je me disais bien aussi qu'un tel ouvrage manquait. Pas vous ? Iconographie au poil, projet pour le moins original et tout à fait louable. Voilà une chouette idée de cadeau pour qui s'intéresse aux vêtements d'Hiroshima, non ?

 

 

 

2. Plus loin, un autre livre prometteur et dont je ne dévoilerai pas grand-chose mais qui mériterait qu'on se penche dessus (ou dessous) : un ouvrage intitulé Dons d'orgasmes (la classe!) et dont le teaser est le suivant: « J'ai d'abord cru à une douce amitié empreinte d'une profonde tendresse, tant nous étions proches. Je pense que j'ai su tout de suite quelle était la nature des sentiments qui me liaient à Virginie. Il a bien fallu que je prenne conscience de l'évidence : j'étais attirée par cette jeune femme. » Un oeil sur la couverture, ce don d'orgasme (quelle trouvaille) et ce nom qui claque, Smet (la fille cachée de Johnny Halliday ?), et me voilà moi aussi fou d'amour pour Virginie, ses seins, son sourire, son don d'orgasme (il ne manquerait plus qu'elle les vende, ô la coquine) .

 

 

 

On peut s'accorder pour trouver la publicité invasive mais avec cet automate là, c'est de la poésie en barre sur chaque livraison. Il faut se rappeler que certains écrivains (Amis, Palahniuk, et d'autres) sont désormais sponsorisés, au même titre que les réalisateurs de films, pour faire apparaître des noms et des marques dans leurs ouvrages.Bret Easton Ellis le faisait à l'oeil, ce grand niais. La pub et le name-dropping sont l'avenir du roman de gare. Ils rapporteront bientôt plus que les ventes misérables de livres. On vous aura prévenu.

 

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