
Alors qu'il fêtera en 2010 le bicentenaire de son indépendance, le Mexique est l'invité d'honneur du Salon du livre 2009, qui s'ouvrira demain et jusqu'au 18 mars à Paris. Si pendant longtemps, la littérature mexicaine a été associée au seul courant du "réalisme magique", dont relevaient notamment les premières oeuvres de Carlos Fuentes, les auteurs invités cette année par le salon montrent qu'elle est aujourd'hui davantage caractérisée par sa diversité. Dans un entretien avec Fluctuat, l'écrivain Jorge Volpi, qui fut à l'initiative du mouvement du crack - créé justement en réaction à l'idée d'un exotisme obligatoire pour les écrivains d'Amérique latine - explique ainsi : « Avec le crack, je crois qu'on a réussi en général à montrer que la littérature latino-américaine ne se résume pas au réalisme magique. C'est la première fois, dans l'histoire de la littérature mexicaine, qu'il n'y a pas une déontologie critique, une obligation critique d'appartenir à une école, un mouvement, une tendance... ». Et il est vrai que du pilier Carlos Fuentes au jeune Martin Solares, en passant par le maître du polar Paco Ignacio Taibo II, la militante Elena Poniatowska, le rockeur Jose Agustin, ou le très pessimiste Guillermo Fadanelli (voir l'entretien), la liste des auteurs invités est attrayante. Elle donne envie, en tout cas, d'aller à la rencontre d'une littérature qui peut tantôt se plonger dans la réalité mexicaine, tantôt s'en détacher, rendre hommage aux classiques ou les détourner, proposer des fresques grandioses comme la poésie la plus épurée. « La surprise, remarque également Volpi, c'est que maintenant la mexicanité peut ne se trouver que dans le regard de l'écrivain, et pas dans les sujets qu'il aborde. » Illustration : détail de la couverture du de Juan Rulfo, édition Folio-Gallimard.
Par Céline Ngi Follow @Fluctuat_livres