
{Damned} de Chuck Palahniuk
L'ami Chuck fait sa rentrée le 1er septembre avec l'histoire d'une grosse fille, dont les parents sont des stars de cinéma, et qui est... un peu morte. Notre écrivain favori, en racontant l'histoire de Madison, fait son Dante et donne sa version de l'Enfer puisqu'il s'agira de savoir si la jeune femme est condamnée à y vivre pour l'éternité ou à d'autres horizons. Le livre est commandé et devrait nous faire une bonne respiration durant la 1ère semaine de septembre, avec ses 256 pages qu'on imagine envoyée à la vitesse du Palahniuk au galop. Le thème, redoutablement soft pour une fois, est alléchant en tout cas.
{FlashBack} de Dan Simmons
On aurait pu lire celui-là déjà, puisqu'il est sorti en juillet mais on l'a gardé pour plus tard avec ses 600 pages menaçantes et sa réputation déjà sulfureuse. Simmons qui joue avec charles dickens pendant la rentrée française est reparti dans l'anticipation avec ce {Flashback} situé dans une année 2036 où l'Amérique en quasi ruine économique est déchirée par tous les bouts. Une sorte de drogue loisir permet aux protagonistes de l'histoire et aux citoyens de se payer des flash-backs du bon vieux temps en tentant d'échapper aux musulmans coupeurs de gorge et aux bandes déchaînées. Accusé de "faire le jeu de l'extrême droite" comme on dirait ici, Simmons semble sur ce roman au meilleur de sa forme.
{House of Holes} de Nicholson Baker
Après nous avoir un peu ennuyé (et même si on a revu à la hausse, pour cause de monomanie galopante, son {Updike et moi->http://livres.fluctuat.net/nicholson-baker/livres/updike-moi/]} très récemment), la meilleure nouvelle de l'année 2011 est le retour de Nicholson Baker sur les terres moites du {[Point D'orgue}. {House of Holes}, comme son nom l'indique, est un roman EROTIQUE. La maison des trous désigne un bordel où l'on paie pour la réalisation de ses fantasmes sexuels. On parle ici de fantaisie érotique et porno. Les critiques du livre sont excellentes, certains lecteurs s'extasiant devant les 1001 descriptions données par Baker du pénis (la bite). Seul regret néanmoins, il semble aussi que l'histoire soit assez peu tenue mais plus servie comme une accumulation de scènes suggestives. Ceux qui se souviennent encore des orgasmes multiples donnés par la lecture du {Point d'Orgue} (orgasmes aisément reproductibles à la relecture au demeurant) fonceront les yeux fermés de toute façon. Rien de tel pour conclure en beauté un été pourri. Une rumeur salace veut que DSK lui-même ait commencé sa thérapie avec ce livre. On demande à voir.
{Ghost Milk, Calling Time On The Grand Project} de Iain Sinclair
Sur l'emprise du futur (et déjà avancé) Projet Olympique Londonien, l'écrivain anglais, célébré depuis quelques années en France maintenant, se paie une jolie balade entre Straford, Oxford, les bords de la Tamise et son QG traditionnel de l'East End pour évoquer l'avenir de la ville moderne et des civilisations qui vont avec. Un chapitre entier est consacré à évoquer les visions de james graham ballard, tandis que Sinclair arpente la rivière, sa misère et met le pied, entre deux fourrés, sur ce qu'il reste de la lutte des classes. Avec ses 432 pages, ardues (pour celui qui ne parle pas l'anglais couramment) et serrées, on se garde celui-ci pour la fin ou la faim, mais comme il n'y a pas d'équivalent français à l'auteur (Jean Rolin, peut-être en déambulateur magique et son {Ravissement de Britney Spears} de saison), pas de choix que de lire anglais pour suivre les psychogéographes.
{Century 1969 : League of Extraordinary Gentlemen} d'Alan Moore
Alors qu'on annonce toujours son deuxième roman et son traité de magie pour les prochaines années, voici le tant attendu volume 2 du cycle Century. Avec Moore, on passe en un éclair (un peu rapide tout de même) de 1910 à 1969 pour retrouver nos amis de la League (Orlando, Mina, Allan et c'est tout) dans le Swinging London décadent de 1969. kevin o neill est déchaîné et tout en couleurs mais cela ne suffit pas à sauver tout à fait ce volume qui, s'il nous amène tranquillement vers Century 2009, s'avère un poil décevant. Moore met de la pornographie partout, on s'y était habitué mais n'avait jusqu'ici pas faibli sur la densité de ses intrigues et la psychologie de ses personnages. Si on navigue avec beaucoup de plaisir dans l'histoire, il faut avouer que ce volume de la Ligue ne nous a pas transporté de joie. Avec un peu de documentation (le mystère Brian Jones, l'apparition de Jack Carter, le personnage de Get Carter,...) et beaucoup de recherches, on peut évidemment voir ici une sorte de génie culturel et encyclopédique poindre derrière la BD. Pour le lecteur français (comme pour l'anglais à n'en pas douter), cela demande des efforts sûrement disproportionnés pour le résultat. Qu'on ne se trompe pas pourtant : {Century 1969} reste fascinant et beaucoup plus long et intéressant à lire que son... épaisseur. Comme tout ce que fait Moore depuis quelques années, c'est un puits sans fond. Il y a des moments où on regarde à deux fois avant de s'y jeter.
{Snuff} de Terry Pratchett
On nous a pas mal reproché notre titre rieur sur Pratchett qui perd la boule. Cela ne va pas nous empêcher de nous ruer en octobre sur le 39ème volume du {Disque Monde} et ce d'autant plus qu'après Rincevent, c'est notre personnage n°2 favori, Sam Vines, qui est aux manettes. Le chef de la police est en vacances quand il est rattrapé par une série de meurtres qu'il va devoir élucider. Pratchett fait dans le polar et on se marre déjà de retrouver Ankh Morpork, qu'on sait maintenant écrire sans vérifier l'ortographe (!), et ses villes satellites.
Par Benjamin Berton