
Vous trouvez la campagne aussi excitante que l’élection des délégués du personnel ? Les candidats vous semblent las et déprimants ?
Régis Jauffret pense comme vous : "Une grande dépression s'est emparée des candidats éligibles", écrit-il dans un texte pour l’Express.fr
L’auteur de Claustria (et d’un paquet des meilleurs romans de la dernière décennie) décrit une séquence politique maussade où la retraite semble le seul horizon d’attente, où la défense du prolétariat à laquelle l’auteur concède une portée épique, a cédé place à la défense molle des classes moyennes.
Jauffret n’est pas dupe de sa propre vision romantique :
"En tant qu'artiste, je suis révolutionnaire. Je rêve d'incendies, d'explosions, de fêtes rouge sang. En tant que vivant, je suis pusillanime, je crains les carambolages, les turbulences, la maladie, la misère, la mort. Avant de n'être un jour ni l'un ni l'autre, je suis plus vivant qu'artiste, et je ne voterai pas pour Philippe Poutou."
Face à un futur quasi-unanimement considéré comme pire que le présent, Jauffret se tourne vers le passé : "Mais au fond la nostalgie quelle misère".
Après ce (très bon) texte - où Jauffret finit par se demander si cette élection n’existe pas uniquement dans la tête de Sarkozy - on aurait très envie de lire du Houellebecq sur cette campagne. On espère que les éditeurs de l’Express y ont pensé.
Via : l’Express.fr
Par Daniel De AlmeidaFollow @dandealmeida