
Parmi les dizaines de sites, américains pour la plupart, qui exposent les activités de divers ateliers d'écriture, j'ai noté la dernière fois (l'info était relayée par le blog deepgenre.com mais je n'ai pas retrouvé son emplacement exact) une série de conseils très intéressants portant sur l'équipement technique de l'écrivain. Cette question du matériel est clairement une question sous-estimée, voire rarement évoquée ici, même si elle fait l'objet, dieu sait pourquoi, d'une véritable obsession sur les Salons du livre, de la part des badauds qui interrogent les plumitifs. "Au fait, bah, vous écrivez sur quoi ? Je veux dire sur un carnet, un cahier, ou alors directement sur l'ordinateur ?"
La réponse dessine généralement un schisme ancien (attachés au cahier à spirale, à la plume, au crayon)/ modernes (Apple vs PC, miniportable, azus,...) du plus bel effet qu'on estime finalement d'importance assez relative. Dis moi sur quoi tu écris et je dirai qui tu es ? Ça ne marche pas le moins du monde, mais cela ne veut pas dire qu'il faille négliger cet aspect des choses. Les débats traditionnels : faut-il écrire à heure fixe ? faut-il écrire toujours dans la même pièce, dans l'isolement, à la campagne, dans le train, en string, avant ou après l'amour,... n'ont d'intérêt que dans la mesure où vous n'en trouvez pas les réponses pour vous. Une fois que vous serez arrangés avec vous-mêmes, il est probable que vous écrirez ce que vous avez à écrire et serez à même de vous fixer votre propre protocole.
Cela ne rend pas moins inutile cette description de ce qu'il faut aujourd'hui pour être un techno-écrivain qui en impose :
1. Un programme de recherche sur le bureau (Desktop Search Program) : je n'y aurai pas pensé en premier mais ce n'est pas idiot. Lorsqu'on écrit un roman, il y a un tas de trucs dont on doit conserver la trace et qu'on doit être capable de retrouver en un clin d'oeil. A quelle heure a eu lieu le crime ? Quelle était l'immatriculation du tueur ? Comment s'appelait ce foutu personnage secondaire introduit au chapitre 2. En fouillant son micro à l'aide d'un utilitaire tel que Copernic Desktop Search ou n'importe quel autre moteur piqué sur google ou yahoo, vous pourrez vous en tirer facilement et ne pas avoir à farfouiller pendant des heures en pleine séance d'écriture pour faire émerger de votre fichier V12.5 une information mobilisable en un quart de seconde.
2. Une bonne encyclopédie en ligne, genre Microsoft Encarta ou autre. Ca paraît bête comme chou mais il faut insister sur les services rendus par une bonne encyclopédie, un bon vieux dico ou un atlas. Dans une scène de description, vous serez bien de contents de pouvoir vous la jouer j'y étais et de glaner deux ou trois informations rapides sur ce que vous racontez : un endroit où vous n'avez jamais mis les pieds, un truc que vous connaissez à moitié bien (et donc aussi à moitié mal). Comme le sait Michel Houellebecq (hé oui), une bonne encyclopédie, une bonne doc, c'est toujours vingt ou trente pages de gagnées sur 300 ou 400 à écrire pour composer un bon roman. Rien de tel qu'une bonne séquence didactique sur un sujet obscur pour vous faire passer pour quelqu'un de rare.
3. Une imprimante laser qui fonctionne : c'est tout con aussi mais vous avez déjà remarqué la propension qu'ont les imprimantes d'écrivain à tomber en panne ? Il faut avouer qu'on a beau être technophile, il y aura TOUJOURS un moment où on aimera imprimer ce qu'on a fait pour se relire à la fraîche avec une cigarette et une bière brune. Pas facile de se relire exclusivement sur écran lorsqu'on écrit ou même . Avec une bonne imprimante, on est sûr de pouvoir s'accorder une pause utile, d'interrompre sa séance sans culpabiliser. Pourquoi pas l'imprimante à jet d'encre ? Bah, parce que Nicholson Baker a écrit un truc là-dessus et démontré scientifiquement que l'imprimante laser était ce qu'il nous fallait.
4. Un disque dur externe ou un espace de stockage en ligne : Il y a quelques histoires célèbres de manuscrit perdus et beaucoup d'écrivains amateurs qui passent leur temps à vous raconter qu'ils avaient démarré un super roman incroyablement bon et que MALHEUREUSEMENT ils se sont fait avaler les 40 premières pages par un crash de leur disque dur ! Bah voyons. Si vous voulez être sérieux, 2 solutions donc : le disque dur externe qui vous permettra de multiplier ad lib les copies de travail et de sauvegarde de votre roman (comptez 1 Go pour une oeuvre monumentale), ou une location d'espace de stockage en ligne. Le Yahoo Briefcase fait ça très bien et vous pouvez y déposer vos fichiers précieux en toute sécurité. Avec ça, aucun souci de pertes de données, vous n'aurez pas d'excuses à la noix comme ce vieux naze de Gogol qui perdit successivement deux fois son roman dans l'incendie de sa maison.
5. Un bon PDA pour la prise de notes : pas d'écrivain, dit-on, sans un carnet, un outil de prise de notes. Pas la peine de s'embêter aujourd'hui, la plupart des téléphones portables évolués permettent une prise de notes à peu près confortable. La seule difficulté : lorsque vous prenez des notes sur votre portable, on croit que vous envoyez des SMS. C'est beaucoup moins glamour, mais peu importe le glamour si vos notes sont prises comme il faut. Dans un bistrot, un parc, à la campagne, vous dégainez votre PDA et ne craignez pas d'avoir oublié votre stylo sur la table du gîte rural. Pas de risque non plus d'être saisi par une angoisse parce que vous attaquez un nouveau carnet, ou, à l'inverse, parce qu'il ne reste plus qu'une page. L'e-carnet offre une liberté de mouvement incroyable... à condition que vous n'ayez pas de problème de charge.
Avec ces conseils matos et une idée ou deux, si vous n'y arrivez toujours pas, c'est que c'est plus grave qu'on pensait !
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