La Chambre des Morts de Franck Thilliez

11/10/2006 - 17h04
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La Chambre des Morts de Franck Thilliez
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Ce n'est pas parce que Franck Thilliez est un écrivain ch'ti que je choisis de parler de sa , mais plutôt parce que, dans son genre (le polar réaliste), son deuxième roman est une vraie réussite pour qui veut fuir, l'espace d'un instant, les histoires abracadabrantes de ceux qui tiennent la tête de gondole : des Américains aux gros sabots à la machine (plutôt) hoquetante des derniers Grangé.De ce dernier justement qui fait figure maintenant d'étalon du genre (en France du moins), Thilliez garde l'enracinement d'un terroir chargé d'histoire (le Nord, le Nord Est de la France, sinistre par nature) et la capacité à entrelacer les récits, il garde la noirceur et l'habileté à décrire les sentiments qui animent les Gens de Mal. Son écriture est sobre, précise mais pas dénuée de poésie. Parfois, Thilliez sonne comme un David Peace français. L'intrigue n'est pas forcément sans failles et défauts mais suffisamment bien menée et répandue sur toute la surface du livre pour qu'on s'y installe confortablement dans une attente angoissée.Le point de départ est d'une grande originalité : deux informaticiens licenciés viennent se venger la nuit de leur ancienne entreprise et butent par accident un troisième larron, lesté de deux millions d'euros. Peu à peu, ils se disputent autour du magot, destiné initialement à payer la rançon d'une petite fille aveugle, détenue par un serial killer.  L'affaire s'organise autour du déchirement progressif des deux informaticiens  et du monde de La Bête (le monstre en question), dont on nous livre malheureusement une partie des secrets un peu trop tôt. Le vrai thème du livre est la contamination du mal, sous toutes ses formes et, plus ou moins, les moyens de s'en prémunir.Ce qui compte ici, c'est finalement plus l'ambiance formidable qui est créée par Thilliez : les décors, les mouvements, l'évocation des paysages et de la sociogéographie de la région, que l'histoire elle-même. Thilliez ne parvient pas, comme le fait Vargas, par exemple, à équilibrer complètement les nombreux éléments qui composent la trame du récit et à tenir le crescendo qu'il promettait. Il n'y a guère que le dénouement final qui permette de rebondir sur une impression magnifique et un saisissement d'admiration avant de refermer le livre. La chambre des mortsFranck ThilliezEditions le Passage

 

 

 

 

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