
Représentant de l'Eglise orthodoxe russe, le Père Vsevolod Chaplin s'est fait remarquer la semaine dernière (en pleine "semaine des livres censurés") pour avoir demandé le retrait de deux oeuvres de Vladimir Nabokov et Gabriel Garcia Marquez des programmes scolaires.
"Nous devons discuter pour déterminer dans quelle mesure ces oeuvres justifient la pédophilie. C'est un fait qu'en Occident il y a eu une opinion très négative à leur égard, puis ça a changé", a déclaré le Père Chaplin à la radio Echo de Moscou. De fait, il estime que "le temps est venu pour une révolution morale, ou une contre-révolution si vous préférez". Cela impliquerait donc l'interdiction de et de , deux romans qui "idéalisent des passions perverses qui rendent les gens malheureux".
Le caractère sulfureux de Lolita avait déjà valu au roman d'être jugé "pornographique" par les censeurs de l'Union soviétique, au moment où Nabokov l'avait traduit en russe en 1967. Le livre de Garcia Marquez n'avait quant à lui pas été frappé par la même interdiction, en dépit de quelques allusions à l'inceste et à des relations avec des mineures.
La proposition rétrograde de Vsevolod Chaplin n'a pas tardé à susciter des réactions chez plusieurs écrivains et intellectuels russes. L'historien Nikolaï Svanidzé souligne ainsi le caractère absurde de la traque menée par le censure : "Allons-y, vérifions si dans la littérature, de Homère jusqu'aux grands classiques russes, il y a des signes de violence, de pédophilie et d'autres choses inacceptables". Boris Akounine estime lui que l'Eglise orthodoxe ne devrait pas s'ingérer dans des "questions séculières et littéraires". Enfin, pour l'ex-ministre de la Culture Mikhaïl Chvydkoï, ce serait nuire à l'image de la Russie que de mettre en place une telle interdiction.
Source AFP
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Par Céline NgiFollow @Fluctuat_livres