Joshua Luna en éclaireur magnifique sur Whispers

18/06/2012 - 12h37
  • Partager sur :
  • 0
Le plus jeune des frères Luna (The Sword) démarre une nouvelle saga BD, Whispers, dessinant avec réalisme un univers aussi fascinant que fantastique.

Les deux frères les plus talentueux de la bande dessinée contemporaine nous avaient laissé en juillet 2010 avec le dernier volume de leur remarquable tétralogie The Sword (toujours pas traduit), l’histoire du jeune handicapée confrontée aux pouvoirs mythologiques d’une épée héritée de son père et qui renouait avec le charme et l’ambition des récits antiques. Après l’indépassable (et sexuel) Girls, The Sword avait confirmé qu’en duo, les frères Luna qu’on avait interviewés à l’époque étaient à 31 et 33 ans de grands espoirs de l’art dessiné.

Deux ans après, le plus jeune des frères, qu’on savait jusqu’ici cantonné aux travaux scénaristiques, mais qui honorait avidement les commissions pour le duo de ses dessins somptueux, passe la vitesse encore supérieure et vient de délivrer coup sur coup les deux premiers épisodes d’une nouvelle série, Whispers.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que Joshua Luna a encore décroché la timbale du concept gagnant, en plus de s’appuyer sur un dessin photoréaliste aux allures horrifiques et fantastiques qui marque d’emblée la singularité du projet. Whispers est d’emblée fascinant par l’univers qu’il met en place : le jeune Sam est atteint par des troubles obsessionnels compulsifs croissants qui l’empêchent de mener la vie standardisée du jeune blanc-bec à la « Hélène et les garçons » qui constitue le lot de ses amis.

L’épisode 1 démarre pourtant à la cafét mais avec une telle volonté de désarticuler ces scènes qu’on a rencontrées mille fois dans les teenage comedies qu’on en reste baba. Et pour cause, Sam vient de découvrir qu’il a une sorte de pouvoir : celui de quitter son corps et de s’insinuer (en vol libre, si l’on peut dire) dans l’esprit des personnes qu’il connaît. On en est là au début, après qu’à l’épisode 2, Sam a pu assister à un soliloque déchirant de sa propre mère en couch potato dégénérée. Lire dans les pensées, ok, mais se déplacer comme le fait Sam, il fallait y penser.

Joshua Luna donne aux premières scènes de Whispers une allure incroyable et une séduction hypnotique qui glace les sangs. Les couvertures laissent à l’arrêt et l’on meurt d’envie, évidemment et comme à chaque fois, de lire la suite. Ceux qui ont deux notions d’anglais peuvent se ruer sur ce chef d’œuvre en marche. Ils feront en plus un bon investissement à la revente, si les Luna ont la postérité qu’ils méritent.

Joshua Luna – Whispers (Image Comics) – n°1 et n°2 – 3.99 USD

Par Benjamin Berton
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
    Toutes les rubriques
    • Cinéma
    • /
    • Société
    • /
    • Livres
    • /
    • Télé
    • /
    • Musique
    • /
    • Expos
    • /
    • Photos
    • /
    • Forum
    articles les + lus
    • Coup de gueule contre les clichés de genre dans la pub
    • Love Songs de Vanessa Paradis : le chef d’œuvre de la femme sans tain
    • 7 sites olympiques abandonnés
    • 7 maisons au design steampunk
    • L'attaque de Titan, nouveau délire photo en provenance du Japon
    • Des casques de moto Predator
    • Vidéo : des images de Londres en 1927 et en couleur
    Les Derniers Tweets de Fluctuat