
Comme toutes les disparitions prématurées, celle de Jane Austen, survenue alors qu'elle n'avait que 41 ans, fait l'objet de nombreuses hypothèses et de débats plus ou moins houleux. Alors que les spécialistes attribuent tantôt sa mort à un cancer, tantôt à la maladie (rare) d'Addison, l'écrivain Lindsay Ashford se lance dans une nouvelle piste : selon elle, l'auteur d' pourrait avoir été volontairement empoisonnée à l'arsenic.
Une thèse qu'elle développe dans son dernier ouvrage, "The Mysterious Death of Miss Austen", et qu'elle explique avoir basé sur sa lecture des dernières correspondances de l'écrivain britannique. Dans l'une de ses lettres, Jane Austen écrit : "Je vais considérablement mieux, et je retrouve un peu ma vue, qui s'était beaucoup détériorée, en noir et blanc et avec des couleurs faussées". En tant qu'auteur de polar, et donc spécialiste du crime, Lindsay Ashford a aussitôt reconnu là les symptômes d'un empoisonnement à l'arsenic. Il se trouve que Jane Austen, souffrant de divers problèmes de santé, pouvait effectivement s'être fait prescrire des médicaments contenant le fameux poison en faible quantité : "Après mes recherches, dit Ashford, je crois qu'il est hautement probable qu'elle ait reçu un traitement à base d'arsenic. Quand vous comparez la liste de ses symptômes et la liste des symptômes de l'arsenic, il y a une surprenante corrélation." Mais l'auteur de polar va plus loin : Jane Austen pourrait tout aussi bien avoir été intentionnellement empoisonnée. "Je ne crois pas que le meurtre soit inconcevable", explique Lindsay Ashford, qui a creusé la biographie de Jane Austen, et affirme qu'une histoire familiale si "tumultueuse" peut bien fournir quelques motifs.
Ashford ne serait probablement pas contre une exhumation des os de Jane Austen, souligne l'article du Guardian qui relaie cette affaire. Qui sait, peut-être cela lui permettrait de trouver des éléments accréditant sa thèse, jugée hautement fantaisiste par de nombreux spécialistes ? Mais elle se fait à l'idée que cela n'arrivera pas, et dit même "comprendre que les gens puissent être scandalisés par cette idée."
Voir aussi :Et maintenant Jane Austen en version XEntretien avec Seth Grahame-Smith, fan de zombies et de Jane Austen
Par Céline Ngi Follow @Fluctuat_livres