James Flint : Electrons libres

03/05/2006 - 10h26
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Il y a dans le deuxième roman officiel de James Flint, l'un des "écrivains anglais les plus prometteurs de sa génération", une bonne dizaine d'excellentes raisons de se réjouir. Flint tente ici un vrai roman comme on les aime, mêlant réalisme des situations (peinture d'une communauté hippie, petites villes à la Rockwell), goût pour les nouvelles technologies et la société contemporaine (le nucléaire, la société américaine et ses fêlures) et narration d'amplitude (600 pages, des rebondissements, des personnages attachants et nombreux). L'histoire est celle d'un informaticien qui travaille dans une base secrète américaine sur le sol britannique et qui reçoit par la poste, dans une urne, les cendres de son père, Jack Reever, artiste qu'il n'a pas vu depuis 20 ans. Comme il travaille sur une base hautement surveillée, l'arrivée de l'urne attire l'attention sur lui et lui fait plus ou moins perdre son poste..Le livre raconte les tribulations du fils qui part aux USA et se met sur les traces de son père. Celui-ci lui prépare un jeu de pistes extraordinaire qui... est une oeuvre d'art à lui tout seul et l'amènera à Atomville, ville conservatrice et folklo dédiée à la technologie de l'atome. Le roman est un road-book assez enthousiasmant et rempli de moments de bravoure inattendus.  Le père du héros est un double romanesque de l'artiste James L. Acord, rencontré par l'auteur, et dont des photos illustrent joliment le roman, insérées au coeur du texte, dans un gimmick inutile (souvent) mais qui permettent de soutenir le formidable travail d'imagination de Flint.Tout serait parfait si le plot justement n'admettait un sacré coup de mou aux alentours de la page 150 et ce jusqu'à la page 400. Répétitions des rencontres d'amis/ennemis du père. Accumulation des déboires peu "spectaculaires". Alternance des séquences présentes et des flash backs peu dynamiques. Le héros est, par ailleurs, le personnage le plus horripilant du récit, une sorte de "chochotte" névrosée qui, sur la longueur du voyageur, agace carrément et peut lâcher le lecteur. Dans un genre presque inédit (le road-book de technoaventures sentimental), Flint passe tout de même à deux doigts du chef d'oeuvre et pose une vraie question : le livre parfait dans ce registre est-il possible ?  

 

Par Benjamin Berton
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