J.K. Rowling accusée de plagiat : Harry Potter n'est pas Willy The Wizzard

11/01/2011 - 14h06
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La plainte déposée par les héritiers de l'écrivain Adrian Jacobs pour plagiat contre J.K. Rowling a été classée sans suite aux Etats-Unis.

 

Cette décision de justice met un point final à une demande pour laquelle les plaignants avaient déjà été déboutés en Angleterre pour le même motif ou presque : "La lecture des deux ouvrages confirme de façon non équivoque que les deux oeuvres sont différentes à la fois sur le fond et dans la forme, générant des réactions viscérales très différentes auprès des lecteurs". On notera que le juge fait référence non seulement au fond et à la forme (bien sûr) mais aussi à la réception très différente ("viscérale" écrit-il) de l'ouvrage auprès des lecteurs, histoire de reconnaître qu'un livre passé inaperçu n'a pas le même statut qu'un best-seller ayant déchaîné les foules ?  

 

Auteur des "Aventures de Willy The Wizard", livre pour enfants illustré, Adrian Jacobs n'avait quant à lui rien à voir là-dedans. Il est mort en 1997. Ses héritiers ont fait valoir que pour le tome 4 de sa saga à succès J.K. Rowling avait plagié leur aïeul et que surtout l'idée d'un train rouge desservant le monde réel et l'université de Poudlard était une création originale de Jacobs. Par rapport à d'autres accusations de plagiat, et sans revenir sur le cas PPDA, il est vrai que la plainte des héritiers de Jacobs apparaissait bien faible et dénuée d'impact, même si, pour des raisons qu'on ignore, la couverture presse du sujet tant à ridiculiser les demandeurs qui ont en justice présenté une liste de similarités bien plus longue et troublante que n'en rendent compte les articles de presse (le Figaro, l'Express, entre autres pour la partie française). Le site de l'auteur donne ainsi une plus juste idée de ce qui est reproché à J.K. Rowling, des emprunts lexicaux aux détournements d'idée originale. Les héritiers de Jacobs (on ne lui connaît qu'un fils) ont du reste fait part de leur souhait de poursuivre les démarches en appel, en Angleterre cette fois. Ancien millionnaire ayant travaillé à l'introduction de sociétés en bourse, Jacobs écrivait semble-t-il pour le plaisir. Son histoire est une sorte d'antithèse du parcours de l'auteur de Harry Potter, partie de rien et devenue l'une des personnes les plus riches du Royaume-Uni en quelques années.

 

Tout ce que démontre cette affaire, c'est tout simplement, et personne n'a jamais dit le contraire, qu'Harry Potter n'a jamais été en soi une invention ex nihilo. J.K. Rowling a eu l'intelligence de reprendre des schémas traditionnels venus de la littérature fantastique ou de la fantasy, de les mélanger avec des schémas archétypaux de la littérature pour enfants (contes,....) puis de les recycler pour une cible adolescente (ou pré-adolescente) dans un ensemble ayant la cohérence et la cohésion d'un univers Tolkenien. Ce n'est pas Harry qui fait Potter mais la densité de son environnement. Il y a bien sûr quelques idées originales là-dedans, quelques qualités d'écriture mais avant tout un sens du packaging littéraire qui a fait fureur et est en soi une aventure extraordinaire. Tous les Jacobs peuvent bien remuer, il n'y a rien à redire à ça.

 

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