
Dans un essai brillant, très littéraire et hilarant, le barcelonais Eloy Fernandez Porta éclaire les rapports entre les champs culturels et les modes de consommation. Il épingle les phénomènes de création marketing, en même temps qu'il décortique l'ensemble des ressorts grotesques (primitivisme, pseudo modernisme, trash attitude, kitsch, pseudo déconstructionnisme,...) qui sculptent de goûts et nos habitudes dans le domaine de la pop. Brillant et follement accessible, est sans conteste l'essai à lire en cette fin d'année.
L'exemple n'est pas cité mais aurait pu faire un bon sujet d'application pour les réflexions du Barcelonais Eloy Fernandez Porta : pourquoi un film si complexe et dense qu'Inception a-t-il rencontré un si grand succès public ? Pourquoi un type tel que Jeff Koons qu'on tenait jadis pour un parangon du mauvais goût et dont les portraits de la Cicciolina à demi-dévêtue et kitsch avaient tendance à soulever le coeur est-il devenu aujourd'hui l'un des artistes les plus côtés du marché de l'art ? Ce second élément fait l'objet d'une analyse poussée mais les deux questions relèvent du même mouvement et de la même interrogation : qu'est-ce qui a amené à ce que la culture pop devienne SI branchée, qu'elle s'impose, à ses différents niveaux de lecture supposées, comme non seulement ce qu'elle est par définition (une culture populaire) et un des attributs de la culture dite supérieure ou haute ? Pourquoi est-ce qu'il faut comprendre karl marx et Andy Warhol pour apprécier les Simpson et pourquoi un intellectuel et un « plouc » s'y retrouvent-ils si facilement ? Questions essentielles s'il en est... quand on n'a que ça a faire (comme nous) !
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Par Céline Ngi Follow @Fluctuat_livres