Harry Potter : le concept du héros Salle commune de Gryffondor

03/10/2007 - 19h36
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Harry Potter : le concept du héros

Le héros est un concept antique qui a fait fureur dans la Grèce d'Homère. Peut être à cause des conditions désastreuses dans lesquelles ils vivaient et aussi parce qu'ils pensaient que les dieux les persécutaient, les grecs adoraient les héros : Héraclès, Achille ou encore Persée. Demi-dieu pour la plupart, les héros se distinguaient par des faits d'armes, des missions périlleuses réussies, des sauvetages de demoiselles en détresse et un courage hors du commun. Tout héros qui se respecte possède un pouvoir, un truc en plus qui le distingue du commun des mortels. Achille était invincible et seul son talon pouvait être transpercé par une flèche, Héraclès avait la force de douze géants mais aimait un peu trop les femmes et Persée avait un tel courage qu'il devint en Grèce antique le plus connu de tous. De tous ces faits d'armes et de toutes ces histoires aussi vieilles que la civilisation, nous retenons une chose essentielle qui va perdurer tout au long des mythologies héroïques : le héros montre des aptitudes dès son enfance et sa naissance est marquée d'une pierre blanche dans l'Histoire. Par exemple, Héraclès est le fils de Zeus et d'une mortelle. Au Moyen Âge, même scénario. Les chevaliers se distinguent autour de quête et plus leur naissance est prestigieuse plus leur destin est extraordinaire : Merlin, fils du Diable, aura un destin tragique, Arthur, enfant d'un adultère, mais fils de roi, connaîtra un destin également tragique mais auréolé de gloire. L'apparition du catholicisme fervent amène une autre sorte de héros, les extatiques qui, grâce à la vierge Marie, peuvent être des femmes. Par exemple, Marie-Madeleine est une véritable héroïne en Provence et son mythe n'aura de cesse de s'étaler dans toute l'Europe catholique. Puis les héros deviennent aventurier, des hommes à la recherche de gloire et de nouvelles terres. Ils sont réels et n'ont pas forcément de naissance prestigieuse. Le héros antique s'oublie peu à peu et la littérature va créer toute sorte de héros, allant du plus léthargique, comme l'Education sentimentale au plus graveleux comme Gargantua. Les écrivains réécrivent les codes principaux du mode héros, rompant avec une tradition qui perdurait depuis plus de 2000 ans. Avec la modernisation de notre monde, la société d'aujourd'hui ressent un profond besoin d'évasion. Si Zola avait soumis son idée de naturalisme ou encore si Flaubert s'était permis son réalisme au 20e siècle, sur que le monde ne les aurait pas acclamé comme les plus grands écrivains de leur temps. Pourquoi raconter ce que l'on voit, vision souvent désenchantée et sans saveur, alors que les légendes, les histoires d'espace et d'aventures prennent aux trippes et transportent l'imagination. Et oui, aujourd'hui seul l'ailleurs prime. Pour les enfants, les chevaliers de la Table Ronde sont remis au goût du jour et on voit apparaître un nouveau héros : le « petit héros ». Il leur ressemble, a leur âge mais possède un don qui lui permet de vivre des aventures extraordinaires. Il y a eu d'abord la bibliothèque rose, Les Malheurs de Sophie et la Comtesse de Ségur. Puis Chair de Poule a fait son apparition, le besoin des enfants à l'époque était de ressentir la peur, de croire à l'irrationnelle. Et vint un jour,

qui révolutionna le monde littéraire de l'enfant : elle donna à l'adulte le moyen de revenir lui-même vers son enfance et elle donna à l'enfant l'envie de lire. Harry Potter est un enfant comme les autres, si ce n'est qu'il est sorcier évidemment. Il n'est pas plus beau qu'un autre, une cicatrice barre même son front. Il est doué en magie mais n'est pas non plus brillant. Hermione son amie est bien plus intelligente que lui, par exemple. Tout le monde peut s'identifier à Harry. Mais Rowling lui prête quand même des caractéristiques d'héros grec :Tout d'abord, Harry est un héros depuis sa naissance ou presque. A un an, il défait le mage Voldemort et le monde sorcier voit en lui des qualités extraordinaires qu'il aura toujours du mal à reconnaître lui-même. C'est aussi ses origines qui déterminent son destin. Né de parents puissants mais surtout nés d'une famille non pure, Voldemort le choisit lui plutôt qu'un sorcier de sang pur. Ensuite, elle lui donne une quête, une quête déterminée avant sa naissance par une prophétie :

Du premier au dernier tome, Harry ne vit que pour une seule raison, tuer Voldemort, ce qui le classe dans le rang de Héros car sa destinée est écrite. Ses deux amis, Hermione et Ron, sont aussi des héros mais différent de la conception primale de ce type de personnage. Boris Vian disait "Quoi de plus seul qu'un héros ?" (L'Herbe Rouge). Et il avait raison. Au fur et à mesure des romans, Rowling lui enlève tous ceux qui le guidait. D'abord ses parents, puis Sirius Black son parrain, le dernier membre de sa famille et ensuite Dumbledore, son mentor, son ami, son guide. A la fin du tome 6, même si Harry est toujours entouré de l'amitié indéfectible de Ron et Hermione, il sait que seul lui peut affronter Voldemort :

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