Franz-Olivier Giesbert ou la misère du journalisme politique

20/03/2006 - 11h17
Franz-Olivier Giesbert ou la misère du journalisme politique

 

Franz-Olivier Giesbert vend sa camelote sur les plateaux de télé comme une pute de comptoir. Il passe son temps à se vanter d'avoir trahi la confiance du Président (ce vieux naïf de Chirac : grosse buse érotomane qui croyait qu'on pouvait se confier à Super-Fog) et choisi, avec bravoure, courage et témérité (les qualités de tout journaliste qui se respecte), de révéler l'intime, le secret, la vérité du président le plus nul de la Vème République.  Il est reçu avec les honneurs  sur les plateaux, avec son look goguenard d'homme de "gauche" déguisé en homme de droite (FOG porte des carrés Hermès qui ressemblent à des minerves). Son portrait de Mitterrand lui avait valu les louanges unanimes de la presse et des lecteurs et voilà qu'il remet ça. Tapis rouge. Ventes records. Critiques à l'unisson qui saluent la complexité des approches Fogiennes ainsi que le style sec, cruel et précis du littérateur. Dans la tragédie du Président, on n'apprend pas grand chose pourtant,si ce n'est cette thèse un peu étrange, mais dont on se serait bien passée, selon laquelle Chirac serait une sorte de serial looser, menteur (Supermenteur ça vous dit?), ordurier, manipulateur (on se doutait un peu que pour faire carrière en politique, un homme devait avoir un soupçon de vice), bambochard etc.  Accessoirement Chirac est nul, exalté et  guidé par un poisson pilote idiot, i.e Villepin. Sarkozy est "sincère", écrit F.OG., "vrai". On rigole.  Le vent tourne avec les mots. Si le texte vaut pour quelques scènes de vie (la constitution du gouvernement Balladur, par exemple, la conversation sur les canards, évoquées plus longuement que l'Irak), ce qui dérange ici c'est non seulement le parti pris de FOG, mais également sa manière de mettre l'accessoire au rang de l'essentiel. De ne parler que de choses qui n'ont pas d'importance pour la gouvernance, ou qui ne disent rien de nouveau. Au point où on en est de la déréliction démocratique et républicaine, parler de l'homme Chirac comme d'une merde enfonce encore un peu plus bas notre système dans la tombe, mais sans que personne s'en aperçoive.  Sans que cela soit dit, FOG apprend aux masses que la démocratie n'a jamais fait que se tromper, n'a jamais fait que s'en remettre aux mains de gens qui n'y croyaient pas un seul instant. La démocratie serait une pute un peu niaise qui ne monterait qu'avec des clients qui ne paient pas. 

 

Vos commentaires

Toutes les rubriques
  • Cinéma
  • /
  • Société
  • /
  • Livres
  • /
  • Télé
  • /
  • Musique
  • /
  • Expos
  • /
  • Photos
  • /
  • Forum
articles les + lus
  • la télé qui vous veut du bien La feel good tv, la télé qui vous veut du bien
  • Ces choses à savoir avant un entretien d’embauche
  • BP : la faune marine mutante inquiète
  • Obiwan Kenobi arrêté par la police
  • Si Wes Anderson avait réalisé Battleship Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
  • Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse
  • rap gay Rap et homosexualité : le début du coming out ?