
- Lire le portrait de Bernard Comment, directeur de la collection "Fiction et Cie"- Lire la chronique de La Nuit Cinéma (Eric Rondepierre, février 2005)- Lire les mini-chroniques de la collection "Fiction et Cie"Sur chaque couverture de la collection « Fiction et Cie » (Le Seuil), la même gravure du poète anglais William Blake, Le voyageur dans le soir, est présente. Signifiant à chacun qu'un roman est un ouvrage singulier, un objet dont la seule finalité n'est pas de raconter des histoires. Cette singularité révèle aussi l'exigence de la collection vis à vis de l'écriture. Cette exigence se confond avec celle d'un homme : Denis Roche (né en 1937). Il y a une trentaine d'années, celui-ci renonce au destin tout tracé de poète surdoué. Depuis, il multiplie les itinéraires : éditeur (éditions Tchou, la revue Tel Quel, Le Seuil, Les Cahiers de la photographie qu'il fonde en 1980 avec Gilles Mora, Bernard Plossu et Claude Nori), écrivain (il a publié une vingtaine de livres) et photographe.D'ailleurs chez lui, bien souvent ces deux dernières pratiques, l'écriture et la photographie, s'entremêlent, se toisent et se parlent. Se conjuguent. En 1999, avec Le Boîtier de mélancolie (Hazan, 1999), Denis Roche se racontait à travers le choix d'une centaine de photographies, accompagnées de cent textes courts, et racontait grâce à cette double partition (photo-texte) cent soixante ans d'images fixes. Ce fonctionnement porte en lui des traces de mélancolie et de lyrisme. Et ces états d'être au monde, peu goûtés en ce XXIe siècle débutant, déterminent aussi, un peu, la collection qui compte environ 250 volumes. Comme l'avait écrit en son temps Le Monde (4 Juin 1999) à propos du Boîtier de mélancolie justement, « c'est un plaidoyer secret pour la littérature. Ce qui ne pourra que désarçonner les spécialistes de la photographie ».Idem pour la collection qui s'est ouverte depuis longtemps à la photographie ou au cinéma, aux essais et à la poésie. Celle-ci accueille de nombreux auteurs qui sont des hommes et des femmes notoirement liés aux images, comme Susan Sontag, récemment décédée, Alain Fleischer, ou encore Eric Rondepierre. Singularité encore car il y a une dizaine d'années, les idées de pluridisciplinarité n'était pas aussi répandues. Alain Fleischer précise mieux cette idée et met en garde : « Je défends une multidisciplinarité plutôt qu'une transdisciplinarité. Dans mon cas je me sens photographe, cinéaste, écrivain de plein droit, je suis des personnes différentes quand j'écris, je photographie ou je filme » (Interview in Exporevue). Un peu à contre courant donc des modes de pensée actuels. De quoi susciter l'envie de jeter au moins un coup oeil pour commencer à parcourir cette collection exigeante qu'est "Fiction et Cie".- Lire le portrait de Bernard Comment, directeur de la collection "Fiction et Cie"- Lire la chronique de La Nuit Cinéma (Eric Rondepierre, février 2005)- Lire les mini-chroniques de la collection "Fiction et Cie"[Illustrations : gravure du poète anglais William Blake, Le voyageur dans le soir, « Fiction et Cie » (Le Seuil)]