
Entendons nous bien, j'adore Haruki Murakami, je le lis depuis La course au mouton sauvage (à mon sens son meilleur), Danse Danse Danse et j'ai toutes les rééditions 10/18 de cet auteur. Pourtant je n'ai pas acheté Kafka Sur le Rivage. Non pas que le livre me semble moins bon, mais pour une raison idiote : la typographie. En effet, dans "Kafka", le lettrage et la mise en page sont abominables. Digne d'un livre pour enfant. Très (trop) gros, et la police choisie (Verdana ou "machin trébuchet", bref un truc "original pour faire joli") ne donne vraiment pas envie de le lire. Jusque là vous vous dites "Ok, il a pêté un plomb le maxence, laissons-le dégoiser tout seul". Je vous l'accorde, c'est un peu incohérent comme réaction, mais la mise en page d'un livre, sa typographie, ça compte quand-même non ?Celle du Vurt de Jeff Noon m'avait laissé la même impression, malgré une traduction réactualisée, j'ai du mal avec ce livre car l'édition de La Volte ressemble à un manuscrit de scénario pour France 3, ou alors à la production d'une thésarde sous power point. Tout sauf un roman. Et Murakami dans tout ça ? Il est innocent le pauvre, ne cherchez pas. Sa maison d'édition, elle, l'est déjà moins.
En effet il y a de quoi rester sans voix devant la politique éditorial de Belfond. Profitant tout à coup de l'énorme buzz qui sévit autour de l'oeuvre du japonais depuis Kafka sur le rivage, l'éditeur se lance dans la traduction du tout nouveau Haruki Murakami , Le passage de la

nuit. Rien d'anormal jusque là, sauf que ce livre d'à peine 224 pages est tout de même vendu 19,50 euros. "Et alors ?", me direz-vous encore, les livres sont chers, soit. Alors ? Il n'a sans doute échappé à personne que la police de ce très ("très très" même) court roman est énorme ! Du jamais vu ou presque. Un corps de 12 au minimum. Et si Belfond avait eu un tant soit peu d'honnêteté, ce roman ne ferait que 150 pages et conséquemment, son prix baisserait d'autant. Petite indélicatesse d'éditeur. Cela passe encore, il faut bien vivre.
Mais comme si cela ne suffisait pas de publier ce roman sous une police originalement dédiée aux livres "grands caractères" (terme usité pour désigner les ouvrages pour malvoyants), il fallait aussi retirer de la vente la version poche du premier roman de Murakami : La ballade de l'impossible, déjà édité une première fois dans les années 90, et mainte fois réédité depuis en format économique. Or, étrangement, dés la première semaine de sa réédition en grand format, impossible de mettre la main sur sa version poche sur aucun site internet. Même ceux dédiés à l'occasion, du type priceminister, 2foismoinscher, etc. Mieux, toutes références à l'existence de ce roman en poche a disparu des bases de donnée des libraires ! Et cela, alors que La ballade de l'impossible avait été rééditée à peine un an avant Kafka sur le rivage. Etonnant non ? Bien sûr, La Ballade de l'impossible est un gros roman lui. D'à peine 7 euros en poche, il passe allègrement à 23 euros en grand format.Tout ceci pour dire que "prescripteurs de culture" ou non, les éditeurs prennent bien souvent les lecteurs pour des cons. La hype aide bien sûr, à généraliser ce type de comportement. Malheureusement, elle donne aussi envie de ne plus acheter leurs livres. Alors, le dernier Murakami ? Je ne l'ai toujours pas acheté. Quand à le demander à Belfond, après un billet pareil... héhéhé.
Par Maxence Grugier Follow @MaxenceGrugier
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