
Plus besoin de faire deux heures de queue au musée du Louvre pour admirer La Joconde entre deux cars entiers de touristes, ni de prendre le Shuttle pour accéder aux ouvrages de la Britsh Library : jeudi 20 novembre, les internautes pourront entrer dans la première bibliothèque européenne numérique.
Avec deux millions de documents dans un premier temps, puis dix millions d'ici 2010, ce sont 2000 ans d'oeuvres littéraires, picturales, photographiques, musicales ou cinématographiques appartenant aux bibliothèques nationales, aux musées et aux diverses institutions publiques européennes - donc libres de droits - qui seront numérisées et consultables gratuitement du monde entier - le tout en 21 langues.
Initié en 2005, ce gigantesque projet de l'Union est le fruit de la volonté exprimée par Jacques Chirac de concevoir une alternative européenne à l'ennemi américain Google. La France sera donc très présente sur Europeana avec 52% du total des oeuvres issus de la Bibliothèque nationale de France (BNF), l'Institut national de l'audiovisuel (INA), la Cité de la musique, l'Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (Ircam) du Centre Pompidou et le portail Culture.fr. Le géant américain, qui a déjà signé avec six bibliothèques européennes, exigent de leur part une exclusivité et leurs catalogues devraient, en principe ne pas être "moissonné" par le moteur européen. Or, Klaus Ceynowa, directeur adjoint de la bibliothèqueb nationale de Bavière, nie dans une interview accordée à Livres Hebdo l'exclusivité contractuelle qui lie les bibliothèques à Google et affirme que les catalogues figureront bien sur Europeana.
Un flou juridique, donc, qui semble indiquer que la guerre transatlantique du numérique aura bien lieu...
Voir la vidéo de présentation d'Europeana