Comics, cinéma : qui vampirise qui ?

08/08/2008 - 10h46
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Comics, cinéma : qui vampirise qui ?

 

Entre Wanted, The Dark Knight, L'Incroyable Hulk, Hellboy 2 et je ne sais quoi d'autre, Hollywood ne semble toujours pas lassé des adaptations de comics qui font ses blockbusters estivaux depuis quelques années.

 

Il y a depuis très longtemps un complexe d'infériorité au coeur de la relation entre bédé et cinéma. Si vous me demandez je vous dirais sans mauvaise foi que la bédé a un potentiel mille fois supérieur à celui du cinéma mais je sais que je suis dans la minorité. En général, on dit comme un compliment qu'une bédé est "cinématographique", qu'on "croirait voir les cases s'animer comme au cinéma" etc... Et quand on dit qu'un film a un côté BD, c'est au moins une fois sur deux un reproche (le film serait caricatural, outrancier, pas crédible). Les "plans" travaillés dans les cases de BD sont "cinématographiques" même si dans la BD on les utilise depuis plus longtemps qu'au cinéma où il aura fallu attendre des progrès techniques et Orson Welles pour qu'on cadre une scène de façon un peu créative.

 

 

 

Peu importe, le fait est que le cinéma a remporté la bataille de la culture depuis longtemps. Ce qui est amusant, c'est de voir comment, en embrassant cet état de fait, des auteurs et éditeurs de comics américains ont su faire fortune. Le constat pour eux est simple : il y a des dizaines (des centaines ?) de scénaristes à hollywood qui vivent plus confortablement que le plus gros des vendeurs de comics sans même que leurs synopsis ou scénarios ne soient jamais portés à l'écran. Les succès au cinéma de Spider-Man, X-Men et autre Sin City ou History of Violence ont fait que les producteurs d'Hollywood considèrent maintenant les comics comme une mine d'or et qu'ils achètent à tour de bras les droits de comics souvent avant leur publication (qui parfois ne viendra jamais), signent des contrats de développement avec les scénaristes qui savent se vendre et embauchent les dessinateurs à prix d'or pour réaliser des story boards et des designs.

 

 

 

L'éditeur Platinum Studios fonctionne quasiment comme une maison d'édition fantôme, qui vend à Hollywood des licences sous synopsis de bédés dont ils ne publieront qu'une poignée de numéros (s'ils les publient jamais). Platinum a de gros soucis financiers cependant et ne paie plus ses auteurs depuis quelques temps. On se demande où est passé l'argent, certainement pas dans des comic books publiés au compte goutte. A côté de ces rocambolesques aventuriers, cependant, même les deux plus gros éditeurs de comics américains Marvel et DC ont depuis plusieurs années changé leur positionnement de simple éditeur de comics à entreprise multimédia "ferme à copyright".

 

Bien sûr, un jour prochain Hollywood va se lasser des super héros comme des films catastrophe auparavant ou des buddy movies façon L'Arme fatale, et les éditeurs de comics se retrouveront en très mauvaise posture. La faillite des éditeurs de Spider Man et Superman n'est pas inenvisageable, loin de là, puisque même avec des films à succès ça fait longtemps qu'ils n'attirent plus aucun nouveau lecteur. Je serais eux, je regarderais d'un très mauvais oeil les tournages de films aussi "prometteurs" que Transformers 2 et G.I. Joe d'un côté et Dragon Ball de l'autre.

 

Par Cédric Le Merrer

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