
Si on veut lire un livre intelligent sur la politique américaine et la manière dont fonctionne le pays : une chose est sûre c'est qu'il vaut mieux lire Captain America (Mère Patrie - Volume 2 chez Marvel France) scénarisé par Robert Morales et dessiné par Chris Bachalo en mars 2005 que le livre de BHL American Vertigo, justement pris pour cible récemment par les Guignols de l'Info. Dans Captain America Mère Patrie, Morales prend en main le personnage emblématique de l'Amérique en guerre contre le nazisme pour lutter contre le terrorisme international. C'est la cause nationale et on est pas si loin du 11 septembre. Pourtant, et c'est tout l'intérêt de ce comic book comparé à l'essai touristique de BHL, Morales rend, dans cette histoire superbement illustrée par Chris Bachalo, l'ambiguïté de la traque entreprise par Bush et tout ce qu'elle peut porter de compromissions alors que BHL est accaparé par sa ligne simpliste : l'Amérique a raison (même si elle est complexe, oui, oui) et on a tort d'être antiaméricains. Dans le genre subtil, on préfère presque les gros sabots de Dantec.
Captain American, étrangement privé de superpouvoirs dans ce recueil, est un peu paumé entre la CIA (de Nick Fury), les Cubains et les vrais terroristes au point que le symbôle de la droiture et de la simplicité d'engagement US apparaît comme un enfant à l'Ouest aux mains de toutes les coteries. Une bien belle leçon qui a valu à son auteur d'être évincé de la série car trop peu en phase avec l'effort de guerre. Signe supplémentaire de la qualité de cette histoire. En duel, le philosophe se fait donc éclater sévère par le justicier.
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