
Inauguré lors de l'édition 2005 du festival, le concept d'un concert de dessins peut paraître d'un intérêt limité sur le papier : une poignée de dessinateurs se succèdent pour dessiner chacun leur case d'une BD au scénario pré-écrit et, pendant que le public regarde la bande dessinée se construire sur un écran géant, sur scène un groupe assure l'ambiance sonore.C'était donc suspicieux que nous sommes entrés dans le théâtre d'Angoulême, mais le doute a laissé la place à l'émerveillement au premier trait tracé. Une véritable magie était à l'oeuvre, celle de formes surgissant en quelques coups de pinceaux là où l'instant d'auparavant il n'y avait rien. La musique de The String Machine (un duo de cordes accompagné d'un DJ et d'un percussionniste) n'y était pas pour rien, invoquant des ambiances multiples à chaque fois en accord avec le dessin.En guise de rappel orgiaque, tous les dessinateurs (dont Charles Berbérian, Blutch et Hervé Tanquerelle) improvisent une ultime page, qu'ils remplissent tous en même temps. Si une fois descendus de notre nuage on se surprenait à regretter que le scénario anecdotique de Zep sur les mésaventures d'une souris de cartoon n'ait pas laissé la place à la magie et la poésie qui présidaient au reste de la soirée, ce n'était là qu'une minuscule paille dans un magnifique diamant.
Par Cédric Le Merrer Follow @GoldfishFight
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