
On avait remarqué qu'Alexis Jenni avait tout pour plaire au jury : l'ambition, l'érudition historique, la réflexion contemporaine, le style. L'auteur de , qui clame dans les interviews n'être qu'un "écrivain du dimanche", vient de se voir décerner le prestigieux Goncourt, succédant ainsi au très médiatisé Michel Houellebecq.
Alexis Jenni a mis 5 ans à écrire ce premier roman qui n'en est pas tout à fait un : "Je dois bien reconnaître que j'ai un problème avec le romanesque", nous explique-t-il dans un entretien. L'Art français de la guerre fonctionne ainsi sur plusieurs niveaux, entre épopée guerrière et essai théorique, entre récit d'aventure et réflexion sur la peinture. Retraçant les guerres coloniales qui ont marqué l'histoire française, l'Algérie et l'Indochine, Jenni offre aussi un regard sur la société contemporaine, et notamment sur le thème de l'identité nationale. Un sujet largement retenu par les lecteurs et les critiques, même si l'écrivain lui-même affirme que "la partie politique ne représente que 20% du livre".
En recevant aujourd'hui le prix Goncourt, Alexis Jenni doit s'attendre à ce que se poursuivent les comparaisons entre son Art français de la guerre et de Jonathan Littell (autre roman ambitieux sur la guerre, qui avait reçu à la fois le Goncourt et le prix de l'Académie française). Interrogé à ce propos, l'écrivain nous répondait : "Je suis toutefois bien conscient que certains vont dire que c'est Les Bienveillantes II - conflit sous les tropiques..."
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Alexis Jenni commente L'Ordre et la morale de Mathieu Kassovitz
La chronique de L'Art français de la guerre
Par Céline NgiFollow @Fluctuat_livres