
L'année s'achève et il est temps de tirer les premiers bilans. Les livres, contrairement aux disques qui portent peut-être plus sur eux la trace des millésimes et du temps qu'il fait, échappent quelque peu aux effets de sortie : on peut les lire à quelques années de distance sans que la partie soit perdue ou que l'effet en soit diminué. On peut être ému par une traduction tardive ou par la réédition d'un vieux livre dont l'accès nous avait été barré par l'édition ou la rareté. Etablir un bilan n'est néanmoins pas inutile. Certains en font commerce et notent dans leurs agendas leurs lectures pas à pas. Ce n'est alors pas la date de sortie des bouquins qui parle mais bien leur date de consommation. L'exercice étant ce qu'il est on se contentera de la forme traditionnelle, ce qui permettra de saluer cette année 2010 comme l'année des outsiders (même si ce sont les favoris qui ont reçu les Prix prestigieux distribués par la tragicomédie française en la matière), celle des livres inattendus et des livres qu'on ne voyait pas venir.
2010 a couronné Houellebecq mais pour un livre qui ne nous a pas convaincu outre mesure. Nos chouchous anglo-saxons se sont bien comportés : Bret Easton Ellis a fait ce qu'on attendait de lui, Will Self a remis son chef d'oeuvre (mais on l'avait lu il y a trop longtemps en vo pour être encore impressionné), thomas pynchon nous a amusé. santiago gamboa a raflé la mise du coup de coeur. Pour le reste, place à la subjectivité et au concours de mauvaise foi.
Meilleur roman français 2010 : maurice dantec, , Albin Michel
Meilleur roman d'anticipation en langue française : Bernard Quiriny, , Seuil
Meilleur roman triste tiré d'un fait divers : Joyce Carol Oates, , Philippe Rey
Plus mauvais roman triste tiré d'un fait divers : Régis Jauffret,
Meilleur livre de nouvelles : Donald Ray Pollock, , Buchet-ChastelMeilleur livre étranger : Santiago Gamboa, , Métailié
Meilleur livre étranger d'un auteur mort : John Updike, , Seuil
Plus grande déception française : Claro, , Actes Sudex-aequo : Bruce Bégoût, , Allia
Meilleure arnaque éditoriale : Gallimard, avec de Vladimir Nabokov
Meilleure réédition : Les éditions Tristram pour l'ensemble de l'oeuvre de Hunter S. Thompson
Roman le plus cool d'un écrivain sérieux d'habitude : Thomas Pynchon, , Seuil
Meilleure adaptation d'un livre au cinéma : Scott Pilgrim vs. the World d'après la bd de Bryan Lee O Malley
Romans les plus rock'n'roll de l'année : de Warren Ellis (Au Diable Vauvert) et de Nick Cave (Flammarion).
A venir : le top des meilleurs livres (tout court) de l'année