Un hommage à Nerval, le vrai fou d'amour

22/05/2009 - 09h53
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Un hommage à Nerval, le vrai fou d'amour

 

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance, Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs, Sous l'olivier, le myrte, ou les saules tremblants,

Cette chanson d'amour qui toujours recommence ?... Reconnais-tu le Temple au péristyle immense, Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents, Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents, Où du dragon vaincu dort l'antique semence ?... Ils reviendront, ces dieux que tu pleures toujours ! Le temps va ramener l'ordre des anciens jours ; La terre a tressailli d'un souffle prophétique... Cependant la sibylle au visage latin Est endormie encore sous l'arc de Constantin - Et rien n'a dérangé le sévère portique 

Pourquoi après tout ne pas fêter aujourd'hui en poésie le 201 ème anniversaire de la naissance de Gérard de Nerval ? Parce qu'on ne fête pas les 201ème anniversaires de naissance en général ou parce qu'on ne vit généralement pas jusqu'à cet âge avancé... Ce n'est pas une raison suffisante s'agissant d'un poète qui se pendit (c'est gai) un soir de Noël et qui, toute sa vie, défia les règles de la raison. Fasciné par Napoléon et son épopée dans ses premières années, Gérard de Nerval était un type bizarre : il considérait, ce qui était plutôt rare à l'époque, que l'Allemagne était un pays ami de la France et "notre mère à tous". Il faut dire que sa mère y était morte alors qu'il n'avait que deux ans.

 

 

 

Affilié à la veine romantique, membre du Cénacle, entre Théophile Gautier, victor hugo et Pétrus Borel), Gérard de Nerval eut une carrière étrange, entre la poésie et le journalisme, avant de littéralement devenir dingue d'amour. Il tomba en admiration devant une jeune actrice, Jenny Colon, qu'on imagine sexy et ronde à souhait, avant de devenir à moitié fou lorsque celle-ci en épousa un autre. Le poète quitta, à partir de cette époque (la fin des années 1830, début 1840) le monde réel pour souffrir d'hallucinations et de flash métahistoriques (il voyait l'Allemagne, sa mère, des royaumes pro-prusse partout) qui le conduisirent à l'internement.

 

Quelque peu remis de ses émotions, Gérard de Nerval noya sa folie dans des voyages dont il tira des récits incroyables. Le plus célèbre reste son Voyage en Orient, tout simplement l'un des plus beaux récits de voyage de l'époque. De retour en Europe, sa santé mentale ne s'arrangea pas puisqu'il repassa à maintes reprises par la case Asile avant de fêter Noël dignement. Tandis que l'époque préféré exalter la figure plus aventurière et sexy de arthur rimbaud, un peu plus tard, le vrai fou d'amour, l'Amok du XIXème siècle, c'est sans conteste Gérard de Nerval. Il ne faut pas l'oublier. A l'image de ce Delfica habité, sa poésie est brillante, ultraclassique et savoureusement ravagée par le mélange des époques, des champs de réalité, la fusion des images et des dimensions.

 

 

 

En bonus : lecture de Fantaisie, son plus beau poème peut-être. Mais qui est cette femme qui apparaît à la fenêtre ? 1. la mort 2. son amour perdu ? 3. sa mère 4. Yvonne de Galais ?

 

 

Gérard de Nerval - Fantaisie

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