
Il ne m'était jamais venu à l'esprit que les frères Luna (jonathan luna et joshua luna) pouvaient avoir un visage et surtout qu'ils pouvaient être aussi... jeunes. Créateurs d'une des sagas les plus intéressantes et sensuelles de ces dernières années, , dont on a déjà parlé, les Luna Brothers sont en train de fournir à Image une nouvelle série à succès, à l'ancienne presque et archétypale de la nouvelle manière de voir les comics. The Sword, dont les 12 premiers épisodes sont sortis en volume ces derniers mois (en VO) est une aventure impeccable qui lorgne vers l' de neil gaiman, empruntant à la fantasy tout en gardant un ancrage fort dans la veine "girl next door" qui a assis le succès de Girls et d'autres chefs d'oeuvre comme Y : The Last Man. On est toujours dans l'Amérique profonde cette fois mais dans un contexte quasi mythique : une famille est à table (une grande soeur, un père, une mère plan plan et une jeune soeur tétraplégique) quand des intrus dérangent le repas et assassinent tout le monde. Ils cherchent des noises au père qu'ils prennent pour un certain Demetrios et qui leur aurait subtilisé une épée (the sword). Le père débarque, nie et la soeur handicapée assiste au massacre de sa famille par les étrangers au moyen de superpouvoirs élémentaires (l'un contrôle l'eau, l'autre le feu, l'air,...). La jeune handicapée passe à travers le plancher, on la croit morte quand sa main se resserre sur une épée..... C'est ainsi que démarre le cycle. L'épée est magique et la jeune femme se remet à marcher. The Sword évoque pêle-mêle A History of Violence (un homme a dissimulé sa vérité à sa famille), Kill Bill (il va s'agir ensuite de venger la famille....) et un tas d'autres cycles mi-SF, mi-fantastique. Transformée, l'handicapée Dara Brighton désormais dotée, lorsqu'elle a l'épée en main, d'une superpuissance incroyable. Les secrets de The Sword, qui plongent leurs racines dans la mythologie des Iles Grecques, nous sont livrés dans le volume 2. Il est question de dieux, de sacrifices humains, de civilisations perdues. Dara est flanquée d'une amie courageuse et d'un sidekick masculin trouillard. Elle est enlevée par le gouvernement américain et poursuit sa vengeance de manière implacable. Le scénario est clairement moins original que celui de Girls, un rien répétitif mais le dessin toujours aussi fantastiquement léché et immature. Les Luna Brothers abusent des effets éprouvés dans ou Girls, des premiers plans ultralisibles, des effets flous et des visages qui se ressemblent tous. Cela ne nous empêche pas de marcher à fond et de partager la cavale des vengeurs avec angoisse et exaltation. C'est simple, bêbête mais on adore ces deux-là et tout ce qu'ils nous servent désormais. Traduction à venir, sûrement, chez Delcourt. Lire l'entretien avec les Frères Luna sur Fluctuat