Sauvez votre rentrée littéraire : tentez la lecture rapide

20/09/2010 - 15h35
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Sauvez votre rentrée littéraire : tentez la lecture rapide

Lecture rapide. La technique de Christian

 

Comment lire vite. Robert Beaupré

Ces vidéos se suffisent à elles-mêmes. La plus sérieuse n'est sûrement pas celle qu'on croit mais la problématique abordée par les très très nombreuses vidéos disséminées sur youtube qui traitent de ce sujet (taper "lecture rapide" ou "speed reading") est une réponse originale et sûre à l'avalanche de sorties qui caractérisent depuis très longtemps maintenant les périodes de rentrée littéraire. Les explications de Christian sont passionnantes : le savoir croit et l'homme n'a fait aucun progrès majeur dans la manière dont il aborde l'écrit. Comme dans l'Antiquité et plus tard lorsque l'imprimerie a dopé la diffusion des manuscrits, l'homme en est réduit à une approche unique qui consiste à prendre les lignes une à une, les pages une par une et les mots les uns à la suite des autres. La vraie révolution, biologique ou mécanique, consisterait évidemment, sans perdre une goutte du contenu proposé, sur le fond, la forme et surtout la sensation éprouvée (l'émotion) à multiplier non pas par 2 ou 3 mais par 10 ou 60 notre vitesse de lecture. Nos statistiques enregistrées il y a quelques années sur un Marc Levy commun (2 ou 3 heures au chronomètre) relèveraient dès lors de la vaste blague. Si ce saut quantique était franchi un jour, un livre moyen de 200 ou 300 pages (la norme française) pourrait être avalé en moins de 5 à 10 minutes.

 

A ce régime, vous pourriez donc engloutir en une heure, une quinzaine de romans et donc en une vingtaine d'heures, quasiment l'intégralité de la production romanesque de septembre. Si les vidéos ont des allures humoristiques, elles pointent du doigt un enjeu majeur pour le développement de la lecture et la survie de ce loisir rustique : l'engagement d'une dynamique de progrès géométrique (et non simplement arithmétique). Pour le moment, rien ne bouge et personne ou presque ne s'intéresse à ce sujet en dehors des entreprises où on a bien compris que la lecture rapide permettrait d'aligner l'homme sur le flux d'information, de le greffer dessus et de le rendre plus productif. Pour le lecteur de loisir, il n'y a rien, aucun secret, aucune recherche, aucune astuce autre que d'accélérer médiocrement le rythme ou de sauter quelques passages rébarbatifs (les descriptions, les dialogues idiots).

 

Mais que font les éditeurs ? Imaginez l'impact qu'aurait sur le marché la génération d'un lecteur aux capacités de digestion ne serait-ce que décuplée. Le prix du livre diminuerait certes mais on neutraliserait la triste réalité ambiante qui veut que la grande majorité des romans publiés et imprimés ne sont lus que par quelques centaines de lecteurs. La cybernétique est peut-être une option avec le greffon de micro-processeurs façon eXistenZ directement sur le cortex des jeunes lectrices. Mais cela reste un horizon plus qu'hypothétique. Les recherches chimiques se sont détournées de ce segment pourtant passionnant et il est très peu probable que cela bouge dans les cinq années à venir. Avis aux amateurs.   

 

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