
On ne pense pas assez au Noël Amish, c'est un fait. On n'y pense même pas du tout, ce qui est un tort car les Amish à défaut d'apparaître encore dans de vieux films avec Harrison Ford, forment une communauté très active et qui, de façon assez endogame, produit sa propre culture et sa propre littérature. Ces deux vidéos anecdotiques mais en phase avec l'esprit de Noël, nous rappellent que Noël est une fête qui a ses déclinaisons spécifiques dans nombre de milieux. Il y a le Noël chrétien, le Noël capitaliste (chez nous principalement) et il y a le Noël Amish, mélange savant de traditions et de... traditions. Attention à faire la part des choses avec le Noël Mormon qui, toutes proportions gardées, est un vrai Noël, avec des cartes, des illuminations et un sapin mais qui, si on suivait l'affaire à la lettre, se fêterait plutôt au printemps qu'à Noël. (selon l'Eglise des Saints des derniers jours). Mais ne compliquons pas. Aux Etats-Unis, ce qu'on ne sait pas non plus ici, les blagues Amish sont légion et remplacent (pas totalement) les vannes sur les Belges chez nous. On peut en donner quelques unes à titre indicatif et pour rire (pas aux éclats, cela ne se fait pas, mais rire tout de même). Blague amish 1 : "Tu es sûr que cette nuance de noir ne me grossit pas ?" (rire Amish). Blague amish 2 : "Allez viens, tu verras on va s'amuser ce soir comme si on était en 1699 !" (allusion subtile à la chanson de Prince, 1999) (rire amish). Blague Amish 3 : "Tu me plais, ça te dirait qu'on aille construire une grange tous les deux ?" (rire amish un peu étouffé). Le Noël Amish est paraît-il un truc tout à fait spécifique et à vivre au moins une fois dans sa vie. Comme les Amish sont des gens assez simples, ils se compliquent la vie. Parler ainsi d'un Noël amish est un abus de langage. Selon les communautés, les pratiques sont très différentes. Les Amish du vieil ordre par exemple qui parlent une sorte de dialecte de Düsseldorf (bas-allemand) fêtent la chose comme en Autriche ou comme en Bavière. On s'y amuse sacrément mais bien sûr sans électricité, ce qui est beaucoup moins drôle. Les danses sont anciennes et peuvent ressembler à des banquets animés par un oncle qui aurait l'air de Patrick Sébastien, le genre de banquet où l'on chante des chansons engagées et inspirées et qui se terminent à la queuleuleu. Les Beachy Amish, issus d'un schisme amish monté par un dénommé Moïse Beachy, sont eux encore plus proches de la modernité. Ils utilisent des téléphones et des voitures. Autant dire que dans trois cents ans, on les retrouvera à jouer à la PlayStation dans le canapé. En attendant, ils peuvent s'offrir des portables et cela marque une réelle progression dans l'ordre parfait de Noël. L'important avec le Noël Amish, c'est de voir qu'il est un Noël comme les autres, joyeux et qui peut produire ses propres contes de Noël. Il n'est pas certain que ces contes aient été traduits en français ce qui est bien dommage, puisqu'il y aurait encore en France quelques centaines de membres de cette Eglise, fondus (les membres) depuis le début du XXème siècle sous l'appellation réunifiée d'Eglise Mennonite. Les Amish n'ont pas encore livré leur Drôle de Noël de Scrooge de Dickens mais l'esprit de Noël est avec eux et c'est ce qui compte. Avant de passer à table, de découvrir ses cadeaux high-tech, portables, montres, objets électroniques polluants, CDs et autres bizarreries, il importait de rendre hommage au Noël Amish.