Katherine Pancol et ses tortues me rendent chèvre - C'est celui qui le dit qui y est (26)

21/05/2010 - 16h48
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Katherine Pancol et ses tortues me rendent chèvre - C'est celui qui le dit qui y est (26)

Katherine Pancol - Rencontre à la fnac le 6 mai 2010

 

J'ai l'habitude d'être plutôt loquace lorsqu'il s'agit de commenter ce genre de séquences. Je pourrais parler du physique si particulier de Katherine Pancol, ni vraiment cool, ni vraiment cul serré, ni bourgeoise, ni mondaine, ni plouc mais un peu quand même. Le physique de Pancol semble défier le rattachement social, sans doute est-ce l'une des raisons de son succès. J'ai beau faire des efforts ses paroles et ses livres me laissent sans voix : tortues, écureuils, si l'on doit se taper les milliers d'espèces d'animaux sympathiques que compte la Création, il va falloir compter avec Pancol et compter pour longtemps. Lorsqu'on écoute ce que dit Katherine Pancol (pourquoi est-ce que son prénom s'écrit avec K et pas un C d'ailleurs, est-ce une coquetterie ou un truc d'auteur ?), on se tait et on ne pense pas. Pas comme chez [people_restrictif=jacques brel]Brel[/people] parce que ce n'est pas la coutume ici, mais bien parce qu'il n'y a rien à en dire. Pancol n'est ni intéressante, ni ennuyeuse, ni stimulante, ni particulièrement horripilante à l'inverse de Marc Lévy ou de Guillaume Musso, elle est juste du genre à ne pas être du genre à.

 

Si l'on observe la fréquence des lecteurs et lectures qu'on croise dans le métro parisien, cela saute aux yeux. Sur n'importe quel trajet, Pancol rules. Elle est partout, en poche, en relié, en broché, en France Loisirs. On ne voit qu'elle. Son lectorat semble être exclusivement féminin. Je n'ai jamais vu un homme avec une tortue sous le bras. Mais qu'en dire ? Les gens qui lisent Pancol ne se cachent pas. Ils ne sont pas fiers, ni honteux. Ils semblent être des gens communs et assez différents les uns des autres. Il y a des femmes sévères et des femmes jeunes et jolies, des femmes catholiques et des musulmanes. A ce degré de popularité, Pancol plaît comme les écureils et les tortues à tout le monde. Elle ne déplaît à personne. Même pas nous. Il est impossible d'en dire du mal. Pancol rend chèvre et aussi loquace qu'une tortue. On voudrait la rouler dans la boue mais Pancol n'est pas cochonne. Alors à quoi bon ? Sa coupe de cheveux rappelle les coupes de cheveux des profs d'équitation. Elle doit mettre des serre-tête et des foulards qui ressemblent à des carrés Hermès sans en être.

 

Pancol est la littérature à elle toute seule, un truc populaire que tout le monde connaît et qu'assez peu consomment en intraveineuse. Un truc qui fait bien mais ne fait pas de mal. L'ère des tortues est ouverte avec elle. Il faudra bien que quelqu'un passe à la soupe. Je vois déjà les réactions : nulles, néant. Personne pour dire qu'écrire 20 lignes pour ne rien dire équivaut à ne rien écrire. Que je n'ai rien dit d'intéressant, qu'on a perdu notre temps. Que je n'ai pas parlé une seule seconde des livres de Pancol qui sont humains et super cools, bien écrits et aident à vivre. Que voulez-vous ? C'est bien ça le drame et la meilleure définition de l'auteur : même quand on en parle on n'en parle pas. Pancol, c'est la dépassion élevée au rang des beaux arts.

 

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