
Avec cette mode des trailers, on se croirait devenu critique de cinéma. Plutôt que de sortir comme par le passé les meilleures pages, les maisons d'édition se contentent maintenant (et surtout quand il s'agit de poids lourds de la littérature) de lancer sur la toile, un site web et un ineffable trailer, sorte de collages d'images plus ou moins cinématographiques, d'extraits du livre (lus le plus souvent) et généralement de coller également quelques bons mots de critiques portant sur le livre dont il est question ou à défaut le précédent. L'habillage du jour est celui du très attendu Imperial Bedrooms () de Bret Easton Ellis, la suite de , son premier roman sorti il y a 25 ans. Le trailer est à l'image du livre : coloré, intriguant et franchement inquiétant. Comme pour le livre qui sortira dès la rentrée en français (Coupland doit se retourner dans sa tombe canadienne lui qui attend à chaque fois quelques années avant d'avoir cet honneur), on ne sait pas trop quoi en penser. Chef d'oeuvre ? Livre mouais. Passion, désamour. Livre légèrement inférieur aux attentes. Une bonne suite. Quelque chose qui est tout de même assez en dessous du jubilatoire . Un cran au dessus de ou au même niveau. Ces interrogations qui ne servent qu'à distraire ne devraient pas nous éloigner du livre : la lecture d'Imperial Bedrooms est un moment de plaisir qui ravira surtout les fans de la première heure, de la deuxième et de la troisième, ceux qui savent que tenir un Bret Easton Ellis entre les mains veut dire quelque chose de légèrement différent que de lire un livre normal. Tout est dans le mini-film : le palmier, la piscine, la voiture qui ne sait pas trop où elle va, ni dans quel muret se ficher. Tape à l'oeil. Très ou trop hollywoodien mais aussi tellement BEE. Avec Imperial Bedrooms, c'est Beverly Hills qui redébarque en force, les années 80 qui n'ont pas changé, le fric, la flambe et les seins en plastique qui reviennent, le roman qui explique que le monde s'il a changé ne s'est pas amélioré depuis que Nicolas Sarkozy a décidé d'en finir avec le bling bling, l'ingouvernance mondiale et la toute puissante finance. Et puis le cinéma, c'est un miroir aux alouettes splendide, tout de même. Les filles, le sexe, la drogue ou le tang. Rien de tel pour (tré)passer l'été. Bienvenue chez les cartes d'or. Bienvenue dans le monde du tous drogués et du tous pourris.