
Grandville Mon Amour - Trailer
On avait dit l'année dernière tout le bien qu'on pensait du de Bryan Talbot. Il aurait fallu réserver quelques superlatifs et adjectifs flatteurs pour le tome 2 des aventures du blaireau détective. Avec Grandville Mon Amour, Talbot passe cette année (en VO et très prochainement en VF) la vitesse cyberpunk supérieure. Le trait est toujours assuré et calé sur les modèles français du XIXème siècle, l'action privilégiée mais on en sait cette fois un peu plus sur l'univers steampunk qui constitue l'architecture de ce monde animalier alternatif. Le thème principal de l'album est le terrorisme par lequel les Anglais ont réussi à gagner leur indépendance. Un chien (Mad Dog Madstock), ex-terroriste et serial killer de femmes (une sorte de Jack l'éventreur canin), s'évade et est pris en chasse par l'inspecteur LeBrock alors qu'il s'enfuit à Paris et commence à dégommer des prostituées. L'enquête est touffue et révèle peu à peu la machination derrière la fugue du Mad Dog. Le scénario de Talbot n'est pas si alambiqué qu'il en a l'air : l'histoire est un mélange de roman d'espionnage et de polar, porté par la force des personnages et les références infraculturelles permanentes. Moins original sûrement qu'Alan Moore, Bryan Talbot montre ici qu'il a de la suite dans les idées, une capacité à "faire système" et à explorer les moindres détails d'une intrigue et d'un univers. On y revient peut-être plus longuement mais les lecteurs anglophones peuvent déjà se régaler.
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