
Coupland - Player One (teaser)
Amis lecteurs de douglas coupland en VO, aviez-vous vu celui-ci venir ? Pas moi en tout cas. Après le pas mal Generation A de l'année dernière, j'avoue, j'avais relâché un peu la vigilance côté Doug, pensant que, comme à son habitude, le Canadien prendrait un peu de temps avant d'enchaîner sur un autre ouvrage. Que nenni de caribou pâné, voici qu'un nouveau teaser débarque et surtout qu'un nouveau roman pointe le bout de son nez, le 7 octobre (c'était hier), intitulé Player One.
Le roman est en fait une sorte de travail de commande (sans en être un) réalisé dans le cadre des fameuses Conférences Massey, sorte d'événément national culturel au Canada où un intellectuel doit produire une oeuvre (livre, essai souvent, article) qui sera ensuite disséquée et étudiée pendant un cycle de conférences. L'oeuvre est lue ensuite intégralement dans un cercle universitaire mais avec une forte résonance nationale. Invité 2010, Douglas Coupland a trouvé plus pertinent (et il a eu raison) de livrer un roman pour l'occasion. Player One raconte le destin de cinq personnages (pris à la suite, nouvelle spécialité du Canadien) coincé dans un aéroport à quelques heures de la fin du monde (l'apocalypse pour les intimes). L'originalité du livre (qu'on n'a pas encore lu) est qu'il est disponible aussi sur le site de la chaîne de télé canadienne, qui retransmet l'événement dans une version DVD où l'intégralité du roman est lue et montée en 5 heures.
Le livre, version écrite uniquement, est sorti quant à lui le 7 octobre. D'après les premières critiques, la première partie du livre est très soignée. Le reste l'est un peu moins. Le principal reproche fait à Coupland (et qui valait aussi pour son précédent roman Generation A) est de n'avoir pas assez travaillé ou marqué les personnalités des cinq personnages, ce qui tend à uniformiser leur langue et leur discours. De fait, et de plus en plus chez lui, la narration, même alternée, même triturée, revient de plus en plus vers le monologue intérieur (quasi sacré) de l'écrivain avec lui-même. Partout, c'est Coupland qui interroge et Coupland qui répond, sorte de Mr Garrison (la poupée prof ventriloque
de South Park) fait écrivain. Malgré cette (sérieuse) réserve, l'accueil n'est pas mauvais, voire bon. On en reparlera.