
Le nouveau roman de Chuck Palahniuk est sorti il y a quelques semaines maintenant et fait bruisser la communauté des fans : s'agit-il du roman le plus intéressant de l'écrivain auteur de et ou au contraire, de exercice médiocre d'un auteur qui ne sait plus comment faire pour se renouveler et produire de l'événementiel ? L'histoire de Pygmy est assez simple : un jeune étranger de 13 ans s'introduit aux Etats-Unis dans une famille adoptive moyenne (et dysfonctionnelle) pour... faire le mal. Le gamin est un terroriste en puissance, programmé par une société totalitaire, venu monter le plus grand coup contre l'Oncle Sam depuis le 11 septembre : il affûte ses armes, ses plans malgré lui et se confronte à la singularité de la culture américaine. Si tous les ingrédients semblent présents pour faire un bon Palahniuk (une situation potentiellement explosive, un outsider, un pitch cocasse, une vision décentrée de l'Amérique, du sexe et de la violence...), le roman fait parler pour son style. Palahniuk s'y appuie comme souvent sur des dialogues fournis et surtout s'amuse à raconter l'intrigue à partir du point de vue de ce terroriste en devenir. Du coup, les lecteurs se plaignent que le proto-anglais africano-asiat' utilisé par Palahniuk est quasi incompréhensible et surtout très très difficile à lire. Certains crient au génie, d'autres considèrent que l'écrivain se fout de leur gueule et a utilisé cet argument pour pousser au maximum ses travers : ne plus écrire que de façon très distendue, hypracool, par des séquences rachitiques, des verbes, des expressions à peine liées les unes aux autres. En attendant, le teaser est suffisamment bien fait pour donner envie... d'une adaptation au cinéma ? La traduction n'est pas annoncée mais notre exemplaire en vo vole quelque part entre les Etats-Unis et la France. Premiers indices de lisibilité cet été.