C'est celui qui Lévy qui y est : la preuve par le texte

09/06/2008 - 15h35
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 J'avais promis d'arrêter avec ça mais l'irruption la semaine dernière des piles monstrueuses de Marc Lévy (il ne manque plus que le carton-pâte à forme humaine découpée dans l'antichambre) dans mon supermarché préféré, mon kiosque préféré, ma libraire préférée, m'ont donné une folle envie, après mes précédentes tentatives, de lire le dernier ouvrage de notre écrivain national.  Avec Marc Lévy, il faut l'avouer : c'est le syndrome de Stendhal permanent, un déluge de couleurs (voyez comment le livre est composé en bleu/rouge comme le collant de Superman, héhé), de livres, des caractères qui peuvent être lus à dix mètres de distance, un nombre de mots par page infime, des livres aux formes ramassées, épurées. L'ivresse est assurée. Dans un réflexe salutaire, j'ai confié mon portefeuille et ma carte bancaire à une amie pour ne pas céder à la tentation et repousser le désir de posséder l'ouvrage.  Je suis rentré, ai pris un bain froid (souvenez vous de l'atmosphère moite de la semaine dernière) avant d'être repris par mon obsession. Mais de quoi le livre pouvait-il bien parler ? Vous noterez que les quatrièmes de couverture de Marc Lévy sont toujours assez élusives. C'est un fait exprès, non ? Bien sûr, m'a répondu l'oracle. Ainsi, le lecteur a l'impression que le roman va parler de ce dont il a envie qu'il lui parle. Moins on en dit, moins on segmente le public, moins on décourage les gens qui ont acheté par le passé, d'acheter à nouveau. Il y a un secret dans le succès des best-sellers à nom : il ne faut pas lancer l'idée que le livre qui sort est moins bon que le précédent. Dès lors, c'est la spirale de l'insuccès. Du coup, il faut banaliser l'objet et son contenu.  Alors j'ai replongé et je me suis lancé sur le net avec l'idée de télécharger le roman gratuitement sur un site pirate avant de m'arrêter sur le site de l'auteur (une nouvelle fois) et de lancer cette vidéo, lecture du premier chapitre de Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites. (j'avais déjà vérifié que Marc n'avait pas oublié le "s" à "dites", cela aurait fait désordre, il y a accord évidemment car les choses sont placées avant....) Je pensais me chauffer avec la belle voix de Marc et puis flop. L'effet verbalisation m'a fait débander. Toutes les choses qu'on ne s'est pas dites se sont effondrées... d'être dites. J'ai écouté la séquence audio comme si je lisais le livre, comme si l'écrit passait devant mes oreilles pour ce qu'il est : une sorte de conte pour grands enfants, écrit comme on parle ou parlé comme on écrit mal. Un père surgit dans la vie de sa fille. C'est doux, c'est neuf ? Ecrit par Marc Lévy. Avec adoucissant ? Ouah. Le syndrome de Stendhal avait reflué. J'étais sain et sauf, guéri jusqu'à ma prochaine escapade en librairie. Je suis à peu près certain qu'ils seront là, qu'elles seront là, les piles comme des triffides tendues vers le ciel, sifflant dans le vent. - quel intérêt de parler d'un livre que t'as pas lu ? - Aucun. - C'est le filon Lévy, hein. La grande vache sacrificielle du blog Livres. La tête de turc à cornes, le gendre idéal qu'on écartèle, l'ami de la famille, le beau-frère souriant,... - Sûrement. Louis Skorecki, sors de ce corps. Il est où Skorecki d'ailleurs ?   de Marc Lévy. Robert Laffont.

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