Suicide, automutilation, folie : à la mode des mystères Van Gogh

21/10/2011 - 10h38
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L'auteur
Alexandrine Dhainaut
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    Steven Naifeh et Gregory White Smith affirment dans leur nouvelle biographie Van Gogh : une vie que le plus français des peintres néerlandais ne se serait pas suicidé d'une balle dans la poitrine mais en aurait reçu une accidentellement. S'appuyant sur des recherches menées sur plus de dix ans et des traductions de 28 000 notes écrites par vincent van gogh, ils affirment qu'elle aurait été tirée par deux jeunes garçons qu'il connaissait, habitués à harceler « le fou de service », alors qu'il était en train de peindre dans un champ de blé. Les deux biographes remettent ainsi en question cent vingt et un ans de mythe autour de la mort de la plus belle figure de l'artiste maudit de l'histoire de l'art. Cette nouvelle hypothèse n'est pas la première qui vienne contredire les éléments biographiques communément admis sur la vie tumultueuse de Van Gogh.

    L'oreille coupée était plutôt sabrée

     

    En 2009, Hans Kaufmann et Rita Wildegans, deux universitaires allemands, remettent en cause l'épisode le plus connu de la vie de Van Gogh : l'oreille coupée. D'après eux, c'est Gauguin lui-même qui aurait porté un coup de sabre (connu pour être un excellent escrimeur, il était maître d'armes civiles) lors de leur dispute. Il aurait inventé l'automutilation auprès des services de police, dans le but de s'innocenter. Et Kaufman va jusqu'à imaginer l'incarcération de Gauguin qui, reconnu coupable, aurait évité à Van Gogh une nouvelle hospitalisation et peut-être ne se serait-il pas suicidé. Or, on vient d'apprendre qu'il ne se serait pas donné la mort. Bref, on pédale dans la semoule.

     

    La folie des couleurs

     

    La maladie mentale dont souffrait Van Gogh reste encore à ce jour un grand mystère. Plus de cent-cinquante psychiatres se sont penchés post-mortem sur son cas, via l'analyse de ses oeuvres, car ce qu'ils voulaient surtout établir, c'était le lien entre son utilisation de la couleur et ses accès psychotiques. Quelques dizaines de diagnostics sont alors tombés : la schizophrénie, la syphilis, une intoxication à la peinture (plomb, cadmium, arsenic), l'épilepsie, ou la trop grande ingestion d'absinthe, on en passe et des meilleures... On sait que Van Gogh admirait beaucoup et connaissait bien l'oeuvre de Delacroix, qui révolutionna en sont temps l'utilisation de la couleur par la juxtaposition de deux couleurs complémentaires. Au-delà de sa maladie mentale, on aurait pu parler de recherche picturale tout simplement, mais ça fait carrément moins « mythe » d'un coup.

    Notoriété

     

    Il est aussi communément admis que Van Gogh est resté méconnu de son vivant et que son oeuvre a explosé après sa mort. Même s'il n'était pas la super star qu'il est devenu au XXIe siècle, on sait qu'en 1888, trois de ses premiers tableaux ont été présentés à la 4e exposition annuelle de la Société des artistes indépendants et deux autres ont fait partie de la 5e exposition annuelle. En janvier 1890, soit six mois avant sa mort, un article d'Albert Aurier, un des fondateurs du Mercure de France, traite de ses recherches picturales et en souligne l'importance. Un mois plus tard, le peintre Anna Boch fait également l'acquisition d'un de ses tableaux, La Vigne rouge.

    L'Autoportrait qui n'en est pas un

     

    Un dernier poncif a également été contredit en juin dernier : on pensait que Van Gogh n'avait jamais peint son frère Théo, dont il dépendait financièrement (à qui il envoyait ses tableaux et avec lequel il avait une correspondance régulière). Mais des experts du Musée Van Gogh d'Amsterdam, dans une longue étude de six cents pages, ont révélé que l'homme portant un chapeau de couleur claire et une veste bleu foncé dans l'Autoportrait de 1887 serait en fait le portait de Théo. Le Musée a d'ailleurs d'ores et déjà changé son cartel.

     

    Peu importe les différentes hypothèses sur la vie de Van Gogh - l'accident mortel par balle, l'oreille sabrée par Gauguin -, on ne saura de toute façon jamais si elles sont fondées ou pas. Et quand bien même on changerait le contenu de sa biographie à la lumière des nouvelles informations ou preuves, on parlera toujours du « peintre à l'oreille coupée » ou du « suicidé de la société ». Le mythe, une fois bien installé, résiste décidément à tout. 

    Par Alexandrine Dhainaut
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    GATEAUUUUUU
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    Anonyme | le 30/09/2013 à 09h20 | Signaler un abus
    Votre réponse...
    cool
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    Anonyme | le 30/09/2013 à 09h17 | Signaler un abus
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    On ne p
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    Anonyme | le 07/03/2012 à 16h45 | Signaler un abus
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