Sharjah, Avignon : chroniques de la censure religieuse ordinaire

14/04/2011 - 13h10
Sharjah, Avignon : chroniques de la censure religieuse ordinaire
L'auteur
Lesauvage  Magali
Magali Lesauvage
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Mustapha Benfodil, Maportaliche/It Has No Importance, 2011 © Copyright photo: Haupt & Binder.Un directeur de Biennale violemment débarqué dans les Emirats arabes, un archevêque avignonnais qui crie au blasphème... La censure (ou ses tentatives) envers les artistes se porte toujours bien, en Orient comme en Occident.A la Biennale de Sharjah (jusqu'au 16 mai 2011), ce sont des allusions sexuelles explicites, dont certaines font références à Allah, inscrites en arabe dans une installation en plein air de l'artiste algérien Mustapha Benfodil, qui ont provoqué la révocation du directeur de la manifestation, Jack Persekian, par l'émir de la ville, le Sheikh Sultan bin Mohammed Al Qasimi. L'oeuvre, intitulée Maportaliche / It Has No Importance, présentant des mannequins habillés en footballeurs, sans tête, avec des graffitis sur leurs maillots et les murs alentours, a été installée à proximité d'une mosquée, et suscité l'ire de plusieurs habitants de la ville. Pour les commissaires de la Biennale, Rasha Salti et Haig Avasian, responsables du choix des oeuvres, que cite Artclair.com, « l'oeuvre soulève le problème des victimes des viols commis par des extrémistes religieux en Algérie, utilisant des textes religieux pour justifier leurs crimes ». Une violente dénonciation d'un tabou difficile.Dans l'ancienne Cité papale, c'est une photographie de la série Piss Christ de l'artiste Andres Serrano (à voir dans notre diaporama Piss Art : une histoire de l'urine dans l'art), réalisée en 1987 et exposée des centaines de fois aux quatre coins du monde, qui provoque les foudres des milieux catholiques locaux, en particulier de l'archevêque d'Avignon, Jean-Pierre Cattenoz, qui en 2007 écrivait une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle, dans laquelle il défendait ses positions pro-life. Celui-ci exige le retrait de l'oeuvre de l'exposition Je crois aux miracles - 10 ans de la collection Lambert, à la Collection Lambert en Avignon, ouverte depuis quatre mois. A quelques semaines de la clôture de l'exposition, le 8 mai prochain, Eric Mézil, directeur de l'institution, n'a pas l'intention de céder.

Par Magali Lesauvage

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