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sur FluctuatDense par son propos, l'exposition percutante du musée Rodin construit un riche dialogue (parfois attendu, mais c'est le jeu) entre la pratique d'un sculpteur né au milieu du XIXe siècle, mais dont on ne cesse de redécouvrir les fulgurances, et les audaces formelles des artistes contemporains. Chaque section thématique de {L'Invention de l'oeuvre, Rodin et les ambassadeurs}, au musée Rodin, pourrait faire l'objet d'une exposition particulière, tant les ramifications qu'induisent chacune d'entre elles sont nombreuses.Le vocabulaire rodinien« Matières », « Assembler », « Dissoudre », « Reproduire »... Cette terminologie que l'on retrouve fréquemment dans le vocabulaire associé à la sculpture permet une sorte d'étude comparée entre la méthodologie rodinienne et la démarche d'un certain nombre d'artistes contemporains. Elle permet également d'éclairer d'un jour nouveau la modernité de Rodin et son immense liberté d'expérimentateur. Au Rodin qui disloque la hanche de son {Homme qui marche}, pour mieux faire ressentir le mouvement en avant, répond un siècle plus tard le Willem De Kooning du {Clam Digger}, silhouette déglinguée en bronze. Avec les petites sculptures érotiques de Marcel Duchamp, comme sa {Feuille de vigne femelle}, empreinte inversée d'un sexe féminin, dialoguent les centaines de moulages de fragments de corps effectués par Rodin. Le visage muet, désindividualisé, comme encagoulé dans la matière brute, de la {Tête d'otage} de Jean Fautrier, résonne avec la {Grande tête d'Iris} de Rodin, dont les traits se dissolvent dans le bronze. Astucieuse, l'association du {Balzac} en robe de chambre, sorte d'accessoire magique qui permettait à l'écrivain de trouver l'inspiration, et de la « peau » en feutre du piano d'{Infiltration homogène pour piano à queue} de Joseph Beuys, évoque à la fois la figure de l'absence et l'importance accordée à l'étude de la surface par le sculpteur. Une oeuvre en perpétuelle métamorphose L'exposition permet en outre de découvrir la multitude d'études, essais, collages, séries, combinaisons et variations sur le corps dont Rodin a inlassablement cherché les facultés expressives. Certaines d'entre elles, par leur étrangeté, ne déparent pas avec des oeuvres contemporaines comme par exemple l'impressionnante sculpture {Butt To Butt} de Bruce Nauman, collage « cul-à-cul » de deux chiens en polyuréthane. En guise d'épilogue, la longue série d'études du buste de Georges Clemenceau, qui défigure progressivement le visage de l'homme politique jusqu'à le rendre méconnaissable, dialogue avec humour avec le {Diary of Clouds} (Journal de nuages) d'Ugo Rondinone, suite de masses de cires malaxées par l'artiste, où s'oppose l'insaisissabilité d'une forme en perpétuelle métamorphose à la rigidité définitive de la sculpture. Hommage habile à l'esprit de l'oeuvre de Rodin, en quête infinie de la forme juste. {L'Invention de l'oeuvre. Rodin et les ambassadeurs}, au musée Rodin, Paris, du 6 mai au 4 septembre 2011.www.musee-rodin.frImages : . Auguste Rodin, {Fleurs dans un vase : maquette} © Musée Rodin (photo Christian Baraja). Joseph Beuys, {Infiltration homogène pour piano à queue}, 1966, Paris, Musée national d'Art moderne - Centre Georges Pompidou © ADAGP. Crédit photo © Dist. RMN / Adam Rzepka.. Auguste Rodin, {Assemblage : Masque de Camille Claudel et main gauche de Pierre de Wissant} © Musée Rodin (photo Christian Baraja)