Robert Mapplethorpe by Sofia Coppola : un tête-à-tête en douceur

29/11/2011 - 10h21
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Robert Mapplethorpe by Sofia Coppola : un tête-à-tête en douceur

Quand on l'a appris il y quelques jours, on eu du mal à en croire nos oreilles. Quarante-et-une-photographies de feu Robert Mapplethorpe exposées chez Thaddaeus Ropac et confiées au regard de la très tendance Sofia Coppola, propulsée soudainement commissaire d'exposition. Comme si le photographe américain, connu pour ses nus sculpturaux et magnétiques et ses portraits de Patti Smith, ne suffisait pas à rallier les foules - et les collectionneurs... Ne manquait plus qu'un concert de Phoenix le soir du vernissage - il y avait bien Massive Attack chez Emmanuel Perrotin le week-end dernier ! - et nous assistions à l'opération de communication la plus redoutable de l'année 2011.

Pourtant, malgré toutes nos réticences dues à la trop grande concentration de têtes d'affiche et de people au m2, l'exposition « Robert Mapplethorpe curated by Sofia Coppola » apparaît comme un ilot de sincérité dans une eau intoxiquée au marketing. Une salle unique pour un accrochage minimal. Une suite de photographies de taille identique (40 sur 50 cm), déroulée sur le mur blanc comme une pellicule. Choisies par la réalisatrice dans les archives la Fondation Robert Mapplethorpe à New York, les images chuchotent une histoire sans intrigue qui se réécrit à chaque nouveau visiteur.

Un dialogue de formes et de sensations se tisse entre les photographies, la silhouette d'un arbre semble prolonger la courbe d'un dos, la puissance d'une vague celle d'un corps nu. La tension érotique des oeuvres de Robert Mapplethorpe, leur fort impact visuel survivent, mais sous une forme estompée, intime. L'heure est à l'introspection, entre ombres et lumière, regards hors-champ et énigmes de l'enfance.

Par cette exposition, on retrouve finalement tout ce qu'on aimait chez Sofia Coppola (sa façon d'ouvrir des espaces de projection, l'impression d'un temps suspendu) et une facette plus confidentielle de Robert Maplethorpe, à travers quelques photographies rarement montrées. Ici, la cinéaste n'est pas seulement le label tendance d'une exposition qui se voudrait incontournable, elle pose un regard sur l'oeuvre du photographe, comme Cindy Sherman et David Hockney avant elle. Un regard tout en discrétion, à l'opposé de sa postérité et du battage médiatique à venir. Un regard pudique, qui pourrait être le nôtre.

 

Illustrations : Robert Mapplethorpe, Honey, 1976, 40 x 50 cm, courtesy Galerie Thaddaeus Ropac © Robert Mapplethorpe Foundation

 

Par Céline Piettre

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