
Le peintre Lucian Freud, petit-fils du psychanalyste Sigmund Freud, connu surtout pour ses nus et ses autoportraits, est mort à l'âge de 88 ans dans la nuit du 20 au 21 juillet.
Lucian Freud avait fait l'objet l'année dernière d'une rétrospective au Centre Pompidou. L'exposition mettait en avant les caractéristiques de cet artiste considéré "obscène et voyeuriste" par les uns, génial et vital par les autres :
« Que reproche-t-on exactement à Lucian Freud ? Le succès constant de son travail depuis plusieurs décennies, les prix totalement disproportionnés de ses toiles, le soi-disant exhibitionnisme de ses corps épais, ou le fait qu'il ait portraituré aussi bien la reine d'Angleterre que Kate Moss ? Montrer, en effet, continûment, des corps nus aux pieds sales dans un intérieur, l'atelier de l'artiste, invariablement nu et sale lui aussi, tel est le "système" Lucian Freud. Détailler avec une certaine cruauté les chairs larges, sèches ou molles, de modèles récurrents, asphyxier la vision jusque dans les peintures d'extérieurs, vues urbaines obéissant à une orthogonie nette ou jardin luxuriant sans un brin d'air, sont les usages du peintre. »
Un style reconnaissable et exceptionnel, qui malgré la gêne qu'il suscite chez ses détracteurs, a fait de Lucian Freud l'un des peintres figuratifs les plus marquants du XXe siècle.
Né en 1922 à Berlin, émigré à Londres avec sa famille pour fuir le nazisme, Lucian Freud y fit ses études secondaires et obtint la nationalité britannique en 1939. C'est quelques années plus tard, en 1944, qu'il exposera pour la première fois, et notamment la toile The Painter's Room dans laquelle certains identifient tous les motifs qui bâtiront l'univers du peintre.
Le travail de Lucian Freud connut le succès à partir des années 70, donnant lieu, dès 1974, à une rétrospective à la Hayward Gallery de Londres, puis à une monographie en 1982. Malgré sa célébrité et cette réussite, le peintre vécut très simplement jusque dans les dernière années de sa vie, où il continuait à peintre dans ses ateliers, situés dans sa maison à Notting Hill. "Dans ses relations sociales, il était stimulant, humble, chaleureux et spirituel. Il a vécu pour sa peinture et a peint jusqu'à sa mort, se tenant à l'écart du vacarme de la vie artistique", témoigne le galeriste William Acquavella dans le New York Times.
Photo © Nils Jorgensen /REX/SIPA
Par Céline Ngi Follow @Fluctuat_livres
1 parodie Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
2 justice Al Qaïtarte : un procès dadaïste
3 art Van Gogh, Dali et Picasso disséqués
4 Supercut Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse