
Si le Salon de Montrouge 2010 nous avait un poil déçu, malgré quelques belle découvertes, la 56e édition (placée pour la troisième année consécutive sous la direction artistique de Stéphane Corréard, critique d'art et ex-galeriste) relève le niveau. La présence, le jour du vernissage, de nombreux galeristes et de représentants du Ministère de la Culture (qui apporte pour la première fois son soutien à la manifestation) en dit d'ailleurs long sur la qualité prescriptrice que l'on attend désormais de Montrouge. Premier constat, la scénographie, par matali crasset, est beaucoup plus claire et nette que l'année dernière. Secondo, près de la moitié des artistes sont des femmes. Volonté délibérée de la part du curateur ou heureux hasard de la sélection ? Alors qu'on constate régulièrement dans le milieu de l'art contemporain une certaine inégalité hommes-femmes (voir le cas du Prix Marcel Duchamp), on ne boude pas son plaisir à voir ainsi autant de jeunes artistes féminines mises en avant. Jean-Yves Jouannais, invité d'honneur du Salon (qui apparaît en malicieux Dadaïste sur l'affiche), a pour sa part invité cinq artistes femmes à proposer une oeuvre sur le thème de la guerre, au sujet duquel le critique d'art élabore depuis 2008 une Encyclopédie performée en public.Parmi les quelques 80 artistes, d'une moyenne d'âge de 30 ans (sélectionnés parmi 1800 candidats), pas évident de faire une sélection — le mieux étant de se rendre à Montrouge (aller au bout de la ligne 4, métro Porte d'Orléans, puis une petite balade de quinze minutes, c'est tout à fait faisable par ce beau temps...) pour se faire une idée, et surtout se laisser porter par la belle énergie qui circule là.Citons cependant quelques oeuvres d'artistes que l'on espère revoir vite : la chaîne d'impression « narrative » de Xavier Antin, la sculpture sonore de Cécile Beau, qui donne l'illusion de la chute d'une goutte d'eau, les machines design et inutiles de Jean-Daniel Bourgeois, les transferts photographiques sur toiles transparentes d'Alexia Bretaudeau. On a retenu également l'ambiance magique des vidéos de Clément Cogitore (Grand Prix du Salon), les Dessins extraordinaires et performatifs de Bérengère Hénin, dont on revoit ici avec plaisir la vidéo Yo MoMA, les expérimentations corporelles d'Anaïs Leroy, ou la vidéo très lynchienne de Christophe Lucien, une limousine brûlant dans une obscurité artificielle. Sans oublier l'installation d'objets en forme d'autoportrait de Dan Meththananda, la très kitsch installation Mamadou, reconstitution de l'étal d'un vendeur à la sauvette africain, de Jeanne Moynot, les associations formelles hétéroclites de Josué Raucher, la Tour de Pise « recalée » de Mathieu Simon, ou la série de dessins Arena de Géraud Soulhiol, stades réinterprétés selon divers styles architecturaux. Vivement l'année prochaine.56e Salon d'art contemporain de Montrouge, à la Fabrique, Montrouge, du 5 mai au 1er juin 2011.www.salondemontrouge.fr
Par Magali LesauvageFollow @MagLesauvage