Le coup de pouce (fiscal) d'Eric Woerth aux héritiers de César

04/08/2010 - 11h33
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L'auteur
Magali Lesauvage

 

Rebondissement inattendu dans l'affaire eric woerth, révélé ce matin par Libération. Alors que le Ministre du Travail affirmait récemment n'avoir « jamais empêché ou déclenché un contrôle fiscal » lorsqu'il était au Budget, le quotidien affirme qu'il aurait lui-même ordonné d'« effacer l'ardoise fiscale de la succession César », atténuant le colossal imbroglio judiciaire qui avait suivi la mort du sculpteur français décédé en 1998.

 

Rappel des faits. A sa mort, César laissait à son épouse, sa compagne et sa fille 800 oeuvres déclarées. Or, lors de l'investigation menée par la police et le fisc en 2000, 230 pièces manquent à l'appel. Les trois femmes, soupçonnées d'avoir revendu des oeuvres de l'artiste sans en faire mention au fisc, écopent d'un redressement fiscal de 20 millions d'euros. Pourquoi un tel écart entre le nombre réel d'oeuvres et l'inventaire ? Selon la fille de César, celui-ci aurait gonflé l'inventaire, non seulement par manque de rigueur administrative, mais également pour que sa maîtresse hérite de plus de pièces. Explication donnée alors par Pierre Cornette de Saint-Cyr, commissaire-priseur : « César a déclaré les séries de bronze qu'il allait réaliser, mais il ne les a pas toutes faites. D'où la différence ».En 2006, le nombre d'oeuvres manquantes est réduit à 38. La compagne de César veut négocier avec le fisc. C'est là qu'intervient une personnalité bien connue du monde de l'art, Alain-Dominique Perrin, ancien président de Cartier, fondateur de la Fondation Cartier pour l'art contemporain et, apprend-on, grand donateur de l'UMP installé à Londres pour des raisons fiscales. En tant que co-exécuteur testamentaire de César, c'est lui qui mène les négociations avec le ministre du Budget, Eric Woerth. Celles-ci aboutissent à « l'annulation de la procédure de rectification de la succession engagée à l'encontre des ayants droit », comme l'écrit Woerth en 2008 à l'avocat de la succession César, ajoutant : « Il ressort de l'examen approfondi de ce dossier que, dans le cadre de la vérification de l'activité de sculpteur déployée par (César), le rehaussement opéré en 1998 au titre des oeuvres manquantes ne peut être maintenu. »Réponse du cabinet d'Eric Woerth ce matin : « Contrairement aux insinuations et aux erreurs de l'article du journal Libération, tout a été fait dans le respect du droit fiscal. Sur ce sujet comme sur d'autres, il ne suffit pas de prétendre qu'il y a une ''affaire'' pour que ce soit le cas. »

 

A lire également sur Rue89 : La succession Wildenstein, une future affaire Woerth ?

 

Photo : Le Pouce de César.

 

 

 

Par Magali Lesauvage
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