
Le Paradigme des « alter-réalistes » se donne à voir sous la forme d'une exposition collective qui questionne notre perception de la réalité en intégrant des éléments visuels et sensoriels afin de dépasser une conception réductrice qui définirait le réel par l'ici et maintenant, tels que notre oeil le voit et tels que notre conscience l'organise rationnellement. L'idée est de mettre au défi la perception de chaque spectateur qui se trouve dès son entrée dans le rez-de-chaussée de l'exposition environné de photographies (« Souvenirs d'avenir » par Fluosaure) oscillant entre la représentation d'une réalité transformée et une réalité fantasmée, convoquant des imaginaires SF et les manipulations d'images dont le cinéma se sert à l'envi - pensons à Inception.Des machines font traverser des espace-temps oniriques où le spectateur voit se déchaîner les éléments tout en se sentant parcouru de frissons électriques (« Le Mange rêve » réalisé par Guillaume Faure et Frédéric Ménez qui est l'ingénieur du système (www) ou assiste à une succession d'aperçus « éthérées et fugaces du monde » dans lequel il est lui-même brièvement présent (« Le Cahier des limbes » par Luc Halard et Guillaume Dumas).Des pièces plus classiques comme « Heure bleue » de Christine Boillat (www) renvoient au cycle de la vie (et de la mort, son corollaire) sous formes de dessins et aquarelles et de petites installations représentant des êtres en décomposition et des insectes. Le tout forme un beau parcours dans une réalité mi virtuelle, mi fantasmée et, comme l'écrivent les artistes, propose une expérience déroutante entre « hallucination et élucidation »
Le Paradigme des « alter-réalistes » par le collectif elukubr (www) jusqu'au 14 novembre au 59Rivoli (www)Illus. © Guillaume Faure et Christine Boillat
Par JdF