Galeries : Höfer/Ganivet vs Veilhan, poids léger contre poids lourd

21/09/2011 - 13h18
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L'auteur
Magali Lesauvage

 

Si l'on ne devait recommander qu'une seule exposition dans cette foisonnante rentrée des galeries parisiennes, ça serait sans conteste celle, double, de la galerie Yvon Lambert. Ayant clos son antenne new-yorkaise, la galerie, véritable institution historique logée au premier étage d'un bâtiment sur cour du 108 rue Vieille du Temple, dans le 3e, peut se concentrer sur ses activités parisiennes, sans renier sa spécialité, les expositions collectives percutantes.

Courtesy Candida Höfer, Vincent Ganivet et galerie Yvon Lambert, Paris.

Pour ouvrir la saison, la galerie, présidée par Yvon Lambert, mais dirigée par Olivier Belot, a choisi de confronter deux artistes antagonistes. Aux murs, les photographies de l'artiste allemande Candida Höfer, prises dans des lieux emblématiques de la culture occidentale, tels des scans d'une mémoire figée dans le temps. Face à ces images savamment composées, d'une symétrie implacable, l'artiste français Vincent Ganivet, qui fait, à 35 ans, son entrée dans la prestigieuse galerie, a disposé ses sculptures à l'équilibre instable. Les superpositions de vaisselle muées en Fontaines célèbrent un quotidien réenchanté, tout en faisant référence au patrimoine (à Versailles en particulier), tandis que sous la grande verrière de la galerie cinq arcs de parpaings hasardeusement assemblés défient les lois de la gravité. "Noli me tangere" prévient le titre de l'expo : ne pas toucher, l'oeuvre fragile peut s'écrouler — c'est arrivé à la Kunsthalle de Karlsruhe cet été...

Courtesy Xavier Veilhan et galerie Emmanuel Perrotin, Paris.

Chacun à leur manière, Candida Höfer et Vincent Ganivet s'interrogent avec finesse sur l'équilibre et le monumental. Des notions qu'explore également Xavier Veilhan dans son exposition Orchestra à la galerie Emmanuel Perrotin, avec une grandiloquence et un académisme rares. Ses figures sans vie sont dignes de la statuaire officielle de la IIIe République, et ses stabiles à la alexander calder pèchent par leur absence de consistence. On aurait pu y déceler une certaine ironie, mais non, ça semble juste être là pour faire joli dans le parc d'une villa luxueuse. Du coup, on en a même oublié de demander le prix...

 

 

 

Candida Höfer, Erinnern, et Vincent Ganivet, Noli me tangere, du 10 septembre au 9 octobre 2011 à la galerie Yvon Lambert, Paris.Xavier Veilhan, Orchestra, du 10 septembre au 12 novembre 2011 à la galerie Emmanuel Perrotin, Paris.

 

Par Magali Lesauvage
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