
Ouvert depuis seulement un an, le jeune lieu dédié à la création numérique ne fait décidément rien comme tout le monde. Après une invasion de monstres en trois dimensions (Pictoplasma en décembre), « 2062, Aller-retour vers le futur » explore les couloirs du temps à partir d'une exposition et d'une série d'évènements insolites. Jusqu'au 25 mars, les visiteurs téméraires pourront passer 48h dans un sous-marin fermé sur l'extérieur, essayer le premier skate à lévitation (oui celui de Marty McFly!) ou assister plus sagement à une conférence sur l'immortalité ou la science-fiction. La lecture du programme nous met instantanément l'eau à la bouche. Surtout quand on apprend la participation de Catherine Contour, une plasticienne et chorégraphe atypique spécialiste de l'hypnose. On l'avait croisée récemment à la Fondation Royaumont où elle animait un cycle de formation pour les danseurs. On la retrouve aujourd'hui dans une petite salle de la Gaîté lyrique prête à initier le commun des mortels aux mystères de la transe hypnotique et à la distorsion spatio-temporelle qui la caractérise. Un billet d'entrée et une réservation suffisent pour participer aux séances collectives (25 mars) ou individuelles (tous les jours). Seule « fourniture » obligatoire : l'image d'un lieu, réel ou imaginaire, que l'on apprécie particulièrement, à glisser dans son sac avant de quitter la maison...Pour finir, après une bonne séance d'hypnose, une visite de l'exposition s'impose, à la rencontre du design prospectif de Nodesign ou des dessins de François Olislaeger (connu notamment pour son blog illustré du festival d'Avignon 2011). Et si on se repère difficilement au milieu de cet ensemble hétéroclite, dans une confusion plus ou moins pertinente, « 2062, Aller-retour vers le futur » assoit la vocation non-conformiste du lieu. Sur l'impulsion de son directeur Jérôme Delormas, la Gaîté Lyrique prend des risques, et « n'a pas peur de se tromper ». Elle dévale la pente tout schuss. Et impressionne par sa programmation intrépide (même si parfois brouillonne) ses cousins les musées, qui la regardent, ébahis, du haut de leur télésièges...
Copyright Gaîté Lyrique
Par Céline Piettre Follow @CelCle